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Interview de Allez Gizèle

Interview de Allez Gizèle

8 février 2014 |

Nouveau venu sur la toile le joli site de voyage Allez Gizèle nous a tapé dans l’œil. On leur a donc demandé de présenter leur travail dans une interview.

Qui êtes-vous ?

Nous sommes deux Marseillais proches de la trentaine, Antoine et Marion. On s’est connus sur les bancs du lycée puis, après moult péripéties scolaires, sans jamais vraiment se perdre de vue, on s’est installés à Paris. On y vit depuis plusieurs années maintenant. Antoine bosse dans le marketing, il accompagne des entreprises et des marques pour les aider à trouver des idées, et moi, Marion, je suis journaliste pour des émissions de télé et en presse écrite. On est assez complémentaires en fait.

Comment est né le blog Allez Gizele ?

Tout d’abord, on tient à préciser qu’Allez Gizèle n’est pas un blog. On se définit vraiment comme un site de voyage. On veut apporter un regard journalistique sur le voyage, avec pour cible les 25-35 ans.

Pour ce qui est de la génèse du projet, j’ai travaillé un moment pour le magazine Ulysse et la rubrique voyage du monde.fr. Le reportage de voyage et la photo m’ont toujours plu. Je trouve que l’on a une liberté de choix du sujet et de ton beaucoup plus importante que dans certaines autres rubriques. Du coup, j’ai toujours eu en tête de continuer à bosser dans ce milieu là, mais j’attendais d’avoir une vraie bonne idée et de trouver quelqu’un avec qui me lancer. Il y a quelques mois, à force de voir des potes sur Facebook mettre des statuts « Qui a un bon plan à San Francisco ? » ou « Y’a quoi à faire le soir à Bruxelles ? », nous nous sommes dits qu’il y avait un truc à monter. Et un vrai regard de journaliste et de photographe à porter sur le voyage. C’est comme ça qu’est née Gizèle.

Allez Gizèle

Inde ©Allez Gizèle

C’est une longue gestation la création d’un site comme celui-ci ?

Après six mois de réflexion et de boulot sur le ton, le design, la structure, le site a vu jour en septembre 2013. On avait un peu la pression, on se demandait si le site allait plaire et pour l’instant, le pari est réussi, on est remontés à bloc pour la suite ! On a plein de nouvelles idées de séries de portraits et de rubriques dans les tiroirs.

Le concept, c’est qu’on veut aussi bien donner des idées à la personne qui part dans deux semaines en Californie et qui cherche des trucs concrets à voir au-delà des forums et des guides de voyage qu’à celle qui est au boulot, devant son ordi en France et qui a envie de lire un petit article ou de regarder des photos histoire de s’évader un peu. On essaie de répondre à une double demande : « Où vais-je pouvoir partir lors de mes prochaines vacances ? Qu’est-ce qu’il y a de cool à faire dans ce pays ? » et « Si au lieu d’aller fumer une clope, je regardais un article d’Allez Gizèle ? » On ne sait pas trop si on y parvient mais en tout cas, on essaie !

Et vous n’êtes que deux pour gérer le site ?

Oui, nous ne sommes pas un collectif. Antoine et moi, qui sommes à l’origine du projet, gérons le site quotidiennement. Je m’occupe de la partie journalistique et Antoine gère le marketing, la publicité et les partenariats. Nous avons autour de nous des journalistes et des photographes qui collaborent sur les articles. Certains d’entre-eux, comme Paul Blondé ou Stéphane Quidet, travaillent avec nous depuis le début du projet.

berlin

Teufelsberg à Berlin
©Allez Gizèle

Comment choisissez-vous les thèmes des articles ?

En ce qui concerne les reportages, on cherche des sujets décalés, avec des angles précis et du fond. Peu importe la destination. L’idée n’est pas forcément d’aller dans des endroits complètement fous. Évidemment, pour écrire un papier, aller se faire une rando de dingue en Tasmanie ou plonger sur une île déserte d’Indonésie ça aide. Mais même à côté de chez soi ou dans un endroit hyper touristique, on choisit de faire un pas de côté et de profiter du lieu autrement. C’est cet aspect là qui nous intéresse et c’est ça que l’on raconte.

Qu’est-ce que le Rubrick’s Cube ?

Notre contenu principal, ce sont les articles, que l’on voit sur la home. C’est sur ces reportages que le site repose. Mais même si on fait appel uniquement à des journalistes et à des photographes professionnels pour ces reportages, on voulait que le site ait un aspect participatif. Du coup, on a développé deux autres concepts : Le Rubrick’s Cube et le tumblr intégré appelé « L’Office des Touristes ». Le Rubrick’s Cube, c’est un mur de vidéos, qui peut être consulté de manière totalement aléatoire. C’est l’esprit : « Je suis devant mon ordi, j’ai envie de m’évader un peu, je vais mater de courtes vidéos de quelques secondes qui vont me surprendre et me faire voyager. J’appuie alors sur un bouton, et une vidéo de 20 à 30 secondes m’est proposée. Je rappuie et en voilà une autre. » C’est le self service des vidéos de voyage, oui.
Le Rubrick’s Cube est ouvert à n’importe qui. Il suffit de nous envoyer une vidéo de voyage de trente secondes, qui peut être drôle, poétique, surprenante, monotone, peu importe. Après visionnage, nous la postons sur le site. En un clic, n’importe qui peut participer. Il ne faut pas hésiter !

allez gizèle

En Sologne
©Allez Gizèle

Et le Tumblr « l’office des touristes » c’est quoi ?

C’est la deuxième rubrique participative d’Allez Gizèle. Pour ce tumblr, on demande à des gens de nous envoyer leurs photos de touristes en vacances. Ca peut être eux-même comme des gens rencontrés ou observés en voyage. Ca va de la dizaine de touristes qui se pressent pour photographier Mickey à Eurodisney, aux plus belles combinaisons de ski un peu ringardes, en passant par les selfies ratés. L’idée c’est de montrer des situations marrantes auxquelles nous sommes tous, sans exception, confrontés en voyage et de nous les envoyer. Que celui qui n’a pas une photo de son compagnon de voyage, sale, éreinté et fagoté comme l’as de pique après une nuit de bus en Asie ou ailleurs nous jette la première pierre. C’est ce genre de clichés qu’on s’autoriserait jamais dans nos vies quotidiennes respectives que l’on donne à voir. Là encore, on attend beaucoup de nos lecteurs, il ne faut pas hésiter à nous soumettre des photos. Dans la rubrique, y a un outil en bas de page pour en proposer.

Le design du site nous a plu. C’est vous qui l’avez réalisé ?

Non, la palme revient à Fantassin et Youpi Youpi, respectivement designer web et graphiste qui ont planché à nos côtés pendant plusieurs mois sur Allez Gizèle. C’est à eux qu’on doit le design et l’identité graphique du site.

Vous inspirez-vous de la blogosphère pour rédiger vos articles ?

On suit pas mal ce qui ce fait dans le monde du voyage. Dans la blogosphère pure et dure, on apprécie les carnets sonores de Carnets de Traverse. C’est une idée géniale, une autre façon d’appréhender le voyage.
Sinon, je suis proche de Grégory Rohart, du site I-Trekkings, avec qui il m’arrive de partir sur des reportages.
Pour ce qui est de l’inspiration, c’est assez large, on aime beaucoup le magazine de surf Desillusion, les photos sont à tomber et leur site internet vaut le coup d’œil. Le magazine américain Monocle fait chaque année des suppléments voyage très sympas. Et on adore Vice, de temps à temps, ils font des sujets voyage très décalés, où ils osent sortir des papiers complètement déjantés sur une communauté gothique d’une ville perdue d’Amérique Latine ou sur les Love Hôtel vietnamien. Ils cherchent vraiment à surprendre leur lectorat. Paul Blondé a d’ailleurs travaillé pour eux. Côté télévision, Les Nouveaux Explorateurs, sur Canal+, sont une vraie source d’inspiration. Sinon, on a un œil sur la progression de Fisheye, un nouveau magazine de photo lancé l’année dernière. On adore leur boulot.

Allez Gizèle

Food truck à San Francisco
©Allez Gizèle

Vous êtes des voyageurs très geeks non ?

Oui, on essaie d’être très présents sur Facebook, Twitter et Instagram. Ce sont des outils de communication hallucinants. Ça permet d’avoir un vrai échange avec nos lecteurs et de dialoguer avec eux. En tant que journalistes, on est obligés d’avoir un œil sur tout ça. C’est important pour nous de savoir ce que les gens attendent du voyage. Sans eux, Allez Gizèle n’a plus de raison d’exister !

Mais on a aussi besoin de continuer à voyager sans penser aux reportages, aux photos à faire, aux interviews à caler. C’est un moyen de respirer et de garder le goût du départ. L’année dernière, avec Antoine et Paul, on est partis se faire une semaine de voilier en Corse. On voulait déconnecter complètement du boulot. On a laissé nos ordis sur la terre ferme et on est partis avec deux tee-shirts et un short faire du bateau. Ça nous a fait un bien fou…

par La Rédaction

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