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À la rencontre d’Aline, auteur de NowMadNow

À la rencontre d’Aline, auteur de NowMadNow

Mis à jour le 26 juin 2018 | ,
Publié le 12 juillet 2013

Le blog NowMadNow, c’est un regard sur le monde à travers le prisme photographique, une prose captivante qui communique les désirs perpétuels de découvrir, d’apprendre et de partager. On laisse Aline, son auteur, nous  parler de la « saveur de ses escales »…

Une petite présentation en quelques mots ?

Je suis sur les routes depuis deux ans et demi. Ce très long voyage en solo, je l’ai rêvé et préparé pendant toutes mes études, en épargnant chaque centime. Mon idée fixe était d’essayer de m’immerger longuement dans chaque pays, de travailler sur cinq continents, et d’apprendre le plus de langues possibles. Aujourd’hui mon blog est toujours un passe-temps, mais étrangement c’est aussi devenu une de mes activités professionnelles. Bien sûr, si l’envie disparaît, j’arrêterais de bloguer, mais pour l’instant j’ai encore beaucoup de choses à expérimenter sur ce support.

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     ©  NowMadNow

Lorsqu’on lit votre blog, on a l’impression d’être à vos côtés lors de vos explorations. Le partage, c’est la raison première de sa création ?

Ce qui est amusant, c’est que je ne voulais pas du tout tenir un blog. Je le voyais comme une entrave potentielle à la liberté du voyage. Ce sont mes proches qui ont insisté… et réussi à me convaincre. Je suis assez farouche et secrète, mais il fallait que je permette à mes proches de s’immiscer dans mon quotidien, à l’autre bout du monde.

Vous avez une mise en page très particulière et personnelle : les « collages » de photo, dessins et textes abondent. Vous avez un rapport très plastique à vos tribulations. Comment l’expliquez-vous ?

J’ai un cerveau très visuel. J’entasse des malles de bouts de papier chez moi, je découpe systématiquement dans les journaux la moindre image qui pique mon œil. Ma valise est pleine de petits bouts de papier, et je les transporte avec soin, en attendant de pouvoir les mettre en lieu sûr. Les collages, j’adore ça, et depuis six mois je m’oblige à dessiner. Je n’ai pas de formation dans ce domaine, mais c’est un besoin qui me brûle, je dois « bricoler » !

J’aime passionnément la photographie, mais les collages me permettent d’être moins sérieuse. Je prends la photographie bien trop au sérieux, comme un art sacré, et je peste constamment contre mes erreurs !

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     ©  NowMadNow

Les photos semblent être l’objet central de vos publications.  Est-ce qu’on peut dire que vous voyagez pour photographier ?

Je ne sors jamais sans ce gros bidule qui pèse lourd et qui attire les regards. Plus qu’un outil, il me permet de mieux voir ce qui m’entoure. Mon appareil photo, c’est devenu un prolongement indispensable, mon troisième œil. Tout devient intéressant, du mur décrépi aux textiles entassés sur un trottoir. Il permet toutes les expérimentations, c’est un défi au quotidien.

Je suis collectionneuse et je me déboîte l’épaule en transportant plusieurs appareils dans mon sac : un Canon 7D, acheté à prix cassés à Hong-Kong, plusieurs objectifs, un trépied, au moins deux appareils argentiques de la marque Lomography, des pellicules… et je pense piquer discrètement le vieux Polaroid de ma mère, qui s’ennuie dans une armoire. C’est bien sûr une contrainte… de poids. Mais du coup, je compense en me limitant au strict minimum pour tout le reste de mes affaires. Je manque donc cruellement de variété dans ma garde-robe de voyageuse.

Vous expliquez être polyglotte. Est-ce que vous abordez l’apprentissage d’une langue étrangère comme un défi personnel ou seulement comme un moyen de communiquer plus facilement avec l’autre, de se fondre dans une culture ? Quels sont les autres moyens selon vous pour y parvenir ?

Le côté défi est toujours présent. J’aime ce moment où on se dit que tout est possible et que l’on va se le prouver, tout de suite. Mais une langue est magique quand elle est parlée. Je voyage très lentement, en m’arrachant avec peine aux pays que je traverse. Apprendre la langue du pays me permet de construire des attaches encore plus fortes avec la culture locale. Même en bredouillant quelques phrases, les yeux des habitants s’illuminent, les barrières tombent. On n’est plus tout à fait un étranger effrayant.

Mon autre atout pour me mêler à la population est mon obsession pour la nourriture locale. J’ai travaillé comme cuistot sur plusieurs continents et surtout, je suis gourmande et curieuse. J’ai donc pris l’habitude de suivre des cours de cuisine dans chaque pays où je séjourne. Cuisiner des ingrédients locaux avec un savoir-faire particulier me permet d’entrer facilement en contact avec les gens. Sur les marchés, dans des petits restaurants sombres, je sympathise instantanément avec les amateurs de gastronomie… qui me présentent alors souvent à leurs amis et à leur famille. La nourriture est un ciment social absolument international !

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     ©  NowMadNow

Avez-vous l’âme d’une baroudeuse ou planifiez-vous méticuleusement vos voyages ? Connaissez-vous d’avance votre programme ?

J’avais un programme très établi… avant de partir. Je l’avais soigneusement élaboré pendant mes trois années de préparatifs. Et il a volé en éclats dès mes premières semaines de voyage.

Je n’ai respecté qu’une chose : aller travailler en Tasmanie. Tout le reste s’est construit étape après étape, en fonction des rencontres et des opportunités locales. Plus j’avance, et moins je planifie. Mes proches ont renoncé à me demander où je serai le mois prochain.

Quel est le dernier lieu qui vous ait marqué ? Où rêvez-vous d’aller ?

Je m’attache vite. Aux lieux, aux gens. C’est aussi pour cela que je voyage lentement. Je n’aime pas m’arracher aux endroits.

J’ai été marqué par tous les pays que j’ai traversés, et je suis sur le point de faire le pari de ne voyager cette année que dans des pays que j’ai aimés et de les revisiter à nouveau, encore plus lentement.

Je rêve donc de retourner travailler au fin fond de la forêt amazonienne, de m’asseoir sur le banc d’une toute petite école au pied d’un volcan au Vanuatu, et de retourner encore et toujours en Indonésie, taquiner ma famille balinaise et m’occuper de leurs animaux.

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     ©  NowMadNow

Vous êtes plutôt couchsurfing ou hôtel ? Quel moyen de locomotion privilégiez-vous ?

Financièrement, je ne pourrais pas sauter d’un hôtel à l’autre. Ou alors, mon voyage se serait achevé il y a bien longtemps !

Ce que je préfère, c’est le volontariat : travailler et loger au sein d’une communauté locale, d’une famille d’accueil, et apprendre au quotidien des petits morceaux de leur culture et de leur langue. Le couchsurfing m’arrache le cœur, on reçoit trop, tout le temps. Le bénévolat correspond mieux à l’échange que je voudrais pouvoir créer dans mon voyage.

Je n’ai pas de moyen de locomotion fétiche, tout dépend de la prochaine escale. J’aime tout essayer, de la barque au train couchette. Le seul que je n’aime pas, c’est me retrouver sur le crâne d’un éléphant. Les éléphants, je les observe, mais je n’aime pas être en équilibre entre leurs oreilles.

Qu’est-ce qui vous donne envie de refaire votre sac à chaque fois ?

Mon sac à dos, je le déteste tellement souvent. Il me scie l’épaule, il est encombrant, je dois le tenir à l’œil, alors je préfère le poser et l’oublier. Travailler sur place me permet de créer mon cocon, à des milliers de kilomètres de chez moi, de créer des habitudes. Le bonheur est alors d’oublier complètement que je devrai, à un moment ou un autre, refaire mon sac et repartir sur la route.

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     ©  NowMadNow

Quels sont vos blogs préférés ? Lesquels voudriez-vous nous faire découvrir ?

Je suis fidèle en amitié et … dans mes lectures. Je resterai indéfiniment reconnaissante à deux personnes pour m’avoir fait rêver alors que je préparais patiemment mon voyage. Ces deux personnes ont des styles totalement opposés: la première c’est Julie Sarperi avec son talent brut, l’une des rares à rendre le web poétique et nuancé avec ses Carnets de Traverse. Le deuxième, c’est Sandro de Tête de Chat, l’homme le plus libre au monde.

Je suis très inspirée par le talent de photographes et d’illustrateurs, la blogosphère m’en fait découvrir tous les jours. Je me plonge avec bonheur dans l’univers de Stéphanie Ledoux et regarde avec des yeux ronds chacun de ses dessins.

Plusieurs blogueurs que je ne cite pas ici sont devenus des amis très proches, et je me tourne souvent vers eux. Je me sens particulièrement chanceuse d’avoir ces personnes talentueuses et sincères autour de moi.

Quels sont vos projets d’avenir ? C’est bientôt l’été : s’il y avait une destination à conseiller à vos lecteurs, laquelle serait-ce ?

Mes projets d’avenir sont limpides : essayer de devenir un meilleur petit humanoïde. De me perfectionner en photographie et en dessin. Et d’apprendre à dire des insultes infâmes dans toutes les langues. Je serai alors une voyageuse épanouie.

Le prochain voyage est planifié, je vais faire de grands écarts géographiques ces six prochains mois. Et puis, retourner dans les pays qui m’ont le plus marquée. Le programme est donc vaste… et très ouvert !

Je n’ai pas de destination à conseiller, il y autant de magie à s’aventurer au fin fond de la Corse qu’à admirer le coucher de soleil après un long trek au Laos. J’aime le voyage dans sa diversité. Partir loin m’a appris à apprécier la beauté des paysages du quotidien.

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     ©  NowMadNow

Photo à la une : © NowMadNow
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