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Festival d’Avignon, cuvée 2013

Festival d’Avignon, cuvée 2013

Mis à jour le 26 juin 2018 |
Publié le 18 juillet 2013

Par Laure, toquée de théâtre

A moins de passer trois semaines sur place, impossible de tout voir. Cette année, on recense pas moins de 1 300 spectacles. Il y en a pour tous les goûts, de la comédie de boulevard au théâtre d’avant-garde. Le programme du Off, le site du In, le journal la Terrasse et quelques conseils avisés vous permettront de construire votre parcours de parfait festivalier. Sinon, vous pouvez toujours vous reportez à ma petite sélection, très subjective, cela va sans dire.

Avignon, côté OFF

A ne pas manquer

Cette année, je suis tombée, avec le reste du public, sous le charme de deux pièces décalées et inventives, Hotel Paradiso et Ubu Kiraly.
Jouant avec les codes du mime, du masque et des marionnettes, Hotel Paradiso est la dernière création du collectif berlinois Flöz. L’action se déroule dans un hôtel tenu par une famille qui, on le devine, était autrefois unie, soudée et prospère. Mais depuis la disparition du patriarche, tout part à vau-l’eau. Les rideaux se figent dans un écrin de poussière, la mère acariâtre se voûte sous son châle, les enfants se battent et la servante, créature disgracieuse, transie d’amour pour son employeur, vole les clients. Sans oublier le garçon de cuisine, qui protège de ses gros bras tatoués un toutou très méchant et un nounours en peluche. Le décor est planté et la situation ne va pas aller en s’améliorant. C’est drôle, loufoque et décalé, trash sans jamais tomber dans le mauvais goût. Réservez vos places en avance, le spectacle est pris d’assaut et on comprend pourquoi. Théâtre du Chêne Noir – Du 6 au 28 juillet à 11h00  – Durée 1h15.

Tout aussi réussi, Ubu Kiraly est l’œuvre du hongrois Alain Timar. Le metteur en scène s’est attaqué, dans sa langue natale (surtitres en français), au célèbre Ubu roi d’Alfred Jarry. Sur la scène nue, une dizaine de comédiens vêtus de simples uniformes gris clair, font cingler les répliques, s’échangent les rôles, avec pour tout décor, un rouleau de papier. Si j’avais su que l’on pouvait faire tout ça avec un simple rouleau ! En deux temps trois mouvements, les acteurs transforment la feuille en costumes — de gros seins pour la mère Ubu, un bide pour son cochon d’époux, une élégante voilette pour la reine —, en cour impériale ou en champs de bataille. On rit beaucoup et on redécouvre avec délectation ce texte qui, entre les mains d’Alain Timar, n’a rien d’anachronique. Théâtre des Halles – Du 6 au 28 juillet 2013 – salle du Chapitre – 11h -Durée 1h50.

Première étape, étudier le programme.

Première étape, étudier le programme.     

Théâtre classique, mention très honorable

Ceux qui préfèrent le théâtre de facture plus traditionnelle se réfugieront au théâtre Essaïon pour assister à deux jolis spectacles, A toi pour toujours, ta Marie-Lou (du au du québécois Michel Tremblay et Racine par la racine (du 18 au 31 juillet à 14h25) de Serge Bourhis. Point question ici de réinventer le théâtre ni de surprendre le spectateur. Les quatre comédiens d’A toi pour toujours incarnent avec conviction les personnages gentiment amochés d’une famille québécoise. L’intrigue ne surprend pas mais la langue, savoureuse, fait du bien à nos oreilles. En un mot : le père alcoolique, lorsqu’il voit rouge, frappe sur sa femme, Marie-Lou, martyre conjugale et grenouille de bénitier. Pour échapper à leur enfance, les deux filles choisissent des voies radicalement opposées. La cadette, comme maman, se réfugie dans la religion tandis que son aînée fout le camps pour devenir chanteuse dans un saloon. Les deux frangines ne se sont pas vu depuis dix ans. Leurs retrouvailles raniment les cendres du passé.
Dans Racine par la racine, l’objectif est aussi simple qu’ambitieux ; passer en revue les 11 tragédies de Racine en 1h20 top chrono. En mêlant allègrement les registres, les quatre comédiens s’emploient à nous faire rire avec des allusions faciles (beaucoup), comprendre les intrigues (un peu), entendre les textes (à dose homéopathique). Le résultat est plaisant et rafraîchissant, surtout quand on vient d’enchaîner plusieurs spectacles plombant !

Dans les rues, les murs se couvrent d'affiches.

Dans les rues, les murs se couvrent d’affiches.     

Pour l’amour du texte

Monter Kafka, qu’on soit talentueux ou pas, est souvent casse-gueule. Pour commencer l’auteur a mauvaise presse. C’est un auteur « intello », qui fait peur au plus grand nombre. Quand, par dessus le marché, on s’attaque à une de ses nouvelles peu connue, La colonie pénitentiaire, on pourrait croire à un suicide commercial. La compagnie Carpe Diem ose pourtant. L’acteur André Salzet, seul en scène, donne vie et corps à ce texte ironique et cruel. Un visiteur se présente un jour dans une colonie où un officier s’apprête à punir un subordonné indiscipliné. Le condamné a osé s’endormir pendant son service. Le jugement est expéditif ; l’homme doit être supplicié pendant douze heures dans une machine infernale. Machine que l’officier en charge de l’exécution décrit avec adoration. Comme souvent chez Kafka, on flirte avec le bizarre, l’étrange et l’inquiétant, sans jamais oublier de rire… jaune. Théâtre au coin de la Lune – du 6 au 31 juillet 2013 à 11h20.

Attention, théâtre expérimental. Le théâtre belge, pour peu qu’on n’y soit pas habitué, déconcerte souvent les spectateurs. Smatch (1) n’échappe pas à la règle. Sous forme de conférence-performance — avec conférenciers, projections vidéos, expériences in situ et Noisette dans le rôle titre du chien — le spectacle interroge, avec subtilité et intelligence, le statut de l’animal dans nos sociétés. A voir si l’on est curieux, à 17h30 au Théâtre des Doms.

Petite pause au frais entre deux spectacles.

Petite pause au frais entre deux spectacles.     

Avignon, côté IN

Je ne me risquerai pas à émettre de critiques sur les spectacles du In. Une chose est certaine, qu’on aime ou qu’on déteste les œuvres des deux artistes associés (Stanislas Nordey et Niangouna pour l’édition 2013), assister à un spectacle dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes ou dans la Carrière de Boulbon est une expérience incroyable. On découvre ces lieux à la tombée du jour et on ne les quitte qu’une fois la nuit venue. Sous les lumières des projecteurs, retentissant des cris des oiseaux qui prennent leur envol, les pierres du palais et de la carrière nous écrasent de leur impériale majesté. Pour le décor, à défaut d’autre chose, je ne saurais que trop vous recommander d’assister à l’une de ces représentations.
Plus discret, moins impressionnant, le théâtre Benoit-XII présente cette année Qaddish de Qudus Onikeku. Mêlant chorégraphie, musique (guitare, violoncelle, soprano) et théâtre, le spectacle nous entraîne, le temps d’une heure, dans un beau voyage poétique. Loin de l’agitation des rues, on se perd avec le principal protagoniste dans un univers onirique où le temps se suspend pour ressusciter la mémoire et le souvenir. Reposant et émouvant.

Le Palais des Papes autrement. L’idée d’assister à un autre spectacle vous hérisse ? Pas envie de boire un énième café à la terrasse d’un bistrot qui, festival oblige, a sensiblement augmenté ses prix ? C’est le moment d’aller visiter l’exposition Les Papesses au Palais des Papes. Entre ces murs vénérables, la galerie Yvon Lambert a rassemblé les œuvres de grandes artistes femmes. On y verra une araignée de Louise Bourgeois, des œuvres peintes de Kiki Smith, des sculptures crues et perturbantes de Berlinde de Bruyckere, des installations de Jana Sterbak sans oublier les bustes en marbre de Camille Claudel. Jusqu’au 11 novembre 2013.

Le Palais des Papes, lieu phare du festival.

Le Palais des Papes, lieu phare du festival.     

Crédit photos : Laure Didry

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Bonjour,

Je suis une inconditionnelle du Festival d’Avignon, je n’en loupe pas un ! J’aimerai apporter quelques conseils aux personnes souhaitant s’y rendre : les hôtels ne sont pas donnés et pour trouver un hébergement il vaut mieux s’y prendre à l’avance car la population d’avignon pendant le Festival est juste énorme ! Pour cela, le top c’est de réserver une location saisonnière à la semaine (appartement ou maison) et essayer de partir en groupe de plusieurs personnes (cela vous coûtera moins cher).

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