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Georges Gristsis, le loup des Cyclades

Georges Gristsis, le loup des Cyclades

Mis à jour le 30 novembre 2018 | , , ,
Publié le 7 août 2011

Georges Gristsis a la mer et la voile dans le sang. Rien d’étonnant, avec une mère bretonne et un père grec. Jeune skipper, il fait deux fois le tour du monde sur un petit voilier avant de se poser dans les Cyclades. Aujourd’hui, il gère un club de charter et fait découvrir les îles grecques en catamaran. De cet archipel éparpillé au coeur de la mer Egée, il connaît chaque crique, chaque îlot, chaque taverne.

Pourquoi cette passion pour les Cyclades, au point de t’y installer après ton second tour du monde à la voile (1992-1997) ?

Outre mes attaches familiales – ma grand-mère paternelle était de Paros et Syros – les Cyclades sont la Mecque de la voile. L’archipel éparpillé au coeur de la mer Egée est balayé en permanence par le vent, comme le meltem en été. Ce n’est pas une navigation linéaire comme dans les Caraïbes par exemple : les îles sont ainsi dispersées que l’on a en permanence un éventail de possibilités. On peut aussi y naviguer toute l’année : en hiver, les conditions ne sont pas plus difficiles qu’en Bretagne au printemps. Mais les Cyclades c’est aussi les gens et la culture insulaire, 5000 ans d’histoire, une beauté époustouflante, une palette de bleus inouïe, les odeurs de thym et d’origan qui fait qu’on devine les îles avant même de les voir…

Quelles sont les îles des Cyclades que tu préfères ?

Santorin, l’île volcan, pour la magie de mouiller au creux de la caldeira, sous les falaises rouges, noires et violines, tandis que les villages poudrent de blanc le bord du cratère. Amorgos, parce que longtemps ce fut le bout du monde : c’est l’une des îles les plus sauvages des Cyclades. J’adore sa baie d’Aigiali, au nord de l’île. Elle est bâtie comme un amphithéâtre, avec des terrasses de culture qui dégringolent jusqu’à la plage. Elle compte un minuscule port et trois superbes villages cycladiques en haut des gradins. Enfin, je succombe chaque fois à la magie de la baie de Vathy à Sifnos. On s’approche vers la côte rocheuse et soudain, la falaise s’ouvre : on rentre dans une baie immense en forme de coquillage, ourlée de sable fin. A côté de la double chapelle blanche des Taxiarques dédiée aux deux archanges, se trouve une délicieuse taverne où l’on mange les pieds dans le sable.

Qu’est-ce qu’on découvre à la voile (et pas autrement) ?

La voile offre une liberté inouïe. On se laisse porter au grès de nos rencontres, de nos envies et des vents. On peut accoster sur des îlots peuplés que par un berger solitaire ou une seule famille. On peut se baigner dans des eaux merveilleuses comme à Polyaigos, une petite île inhabitée entre Kimolos et Milos dont les parois sont percées de grottes. Et puis, on peut nager en pleine mer. Quand la mer est d’huile, un jour sans vent, j’aime couper le moteur et plonger avec un masque à la verticale dans le grand bleu. Ce bleu sous nos pieds, autour de nous, à l’infini, donne le vertige. C’est grisant !

La navigation dans les Cyclades est réservée aux navigateurs aguerris. Pourquoi est-ce si difficile ?

A cause du vent. Il se lève très vite, sans prévenir. Ca peut arriver à tout moment. L’été, l’archipel est balayé par le meltem, un vent du nord qui peut être violent. Il faut notamment connaître ses zones d’accélération. Par exemple quand il souffle 6-7 beauforts sur l’archipel, il se déchaîne entre Tinos et Mykonos avec des pointes à 10-11 beaufort. Mât cassé et voiles déchirées : c’est le cataclysme pour quelqu’un qui ne s’y attend pas. Au mouillage, il faut faire aussi attention à l’ancre qui dérape sur le sable. Un cas classique à Ornos, la baie protégée au sud de Mykonos : des gars abandonnent leur bateau le soir pour faire la fête en ville. Au petit matin quand ils rentrent, grosse frayeur, le voilier a disparu : il dérive, l’ancre pendant à l’avant, au nord de Naxos. Heureusement des pêcheurs le récupèrent à tous les coups.

Quel sera ton prochain voyage ?

En dehors des Cyclades, ce sera l’Ukraine, en mars prochain. Je prends livraison de notre nouveau catamaran, un bateau racé comme une Ferrari. Le chantier naval se trouve sur les rives du Danube. Nous descendrons le fleuve, puis naviguerons en mer noire. Nous ferons une escale à Istanbul pour fêter le nouveau bateau avec nos amis. Puis nous rejoindrons notre port d’attache, Paros.

Entretien réalisé par Maud Vidal-Naquet, auteure

Plus d’infos : Archipel club, croisière catamaran en Grèce.


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