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Julien Blanc-Gras, touriste… et alors ?

Julien Blanc-Gras, touriste… et alors ?

Mis à jour le 26 juin 2018 | , ,
Publié le 10 décembre 2011

Il parle avec un débit rapide et n’a pas l’air de se prendre la tête, répond aux questions avec spontanéité tout en sirotant son café, entre deux réponses. Voici Julien, la trentaine, et des dizaines de pays visités au compteur. Tantôt voyageur solitaire, tantôt journaliste voyageur. On l’aime bien parce que son livre, Touriste, nous réconcilie avec humour avec ce statut parfois un peu trop encombrant. D’un complexe hôtelier de Djerba aux forêts du Mozambique en passant par la business class d’un avion, il a expérimenté des formes de voyages aussi variées que les pays qu’il a traversés. D’où ce roman, « inspiré de la réalité à 95% ». Recontre avec un touriste décomplexé.

Pour commencer, mettons les choses au clair : combien de fois par an pars-tu en voyage ?!

C’est assez irrégulier, ça dépend des opportunités de reportages qui se présentent. Cette année, je n’ai pas « énormément» voyagé par rapport aux autres années précédentes. Enfin… c’est déjà pas mal par rapport aux gens qui n’ont pas l’occasion de voyager : je suis allé en Thaïlande, en Géorgie, au Brésil, en Corée et au Danemark. Et j’ai peut-être un plan pour aller à Moscou, pour la finale du championnat du monde de Break Dance !

Dis, pourquoi « Touriste » ? C’est pas un peu réducteur, comme titre, pour ton roman ?

J’ai choisi ce titre car ce terme est souvent péjoratif. Le touriste est ainsi réduit à la caricature de celui qui ne sort pas du ghetto pour touristes et qui ne s’intéresse pas à ce qu’il se passe dans le pays qu’il visite. Tous les voyageurs – sauf ceux qui voyagent professionnellement – sont des touristes. Mais tous les touristes ne sont pas des voyageurs. Le tourisme, c’est le fait de voyager pour son agrément. Même quelqu’un qui va se perdre dans une cabane au fin fond de la Sibérie peut être considéré comme touriste et ça n’a rien de péjoratif vu qu’il fait ça pour une raison personnelle, de plaisir. Donc je pense qu’il ne faut pas avoir honte, il faut assumer son statut de touriste et ce n’est pas un problème !

Que ce soit en vacances ou pour ton travail, comment vis-tu tes voyages ?

Il y a une part de hasard, une part de flair, une part de débrouillardise, d’instinct. J’aime, quand j’en ai l’opportunité, ne pas prévoir, improviser et voir ce qui peut se passer. Parfois, on se rate et on passe à côté de trucs intéressants. Mais j’attends d’être surpris. Et ce qui est bien, en voyage, c’est qu’on est toujours surpris. On a beau avoir parcouru plein de pays, à partir du moment où tu es ailleurs il y a toujours un truc que t’auras jamais vu avant et qui pourra te surprendre, t’exalter un peu, te donner de l’énergie et améliorer un peu ta compréhension du monde. Et je pense que pour comprendre le monde, il faut marcher dans le monde, justement.

Parlons d’un attribut quasi-indispensable du touriste : le guide. Tu en prends avec toi ?

Il m’est arrivé de voyager un peu sans, avant, en roue libre. Mais plus trop maintenant. Dans les guides, souvent, je lis les parties histoire, culture et société car ça me permet d’aborder le pays avec une connaissance préalable. Mais je ne m’en sers pas pour savoir où aller, où dormir, où manger, les bonnes adresses… Ca, je peux les trouver par moi-même. Les bonnes adresses tu les trouves en rencontrant les gens. Toute l’habileté du voyageur consiste à savoir capter les bonnes personnes qui t’amèneront aux bons endroits pour trouver les trucs intéressants. Sinon, les guides ça peut servir aussi pour savoir où ne pas aller. Si tu prends ceux que tout le monde a et si tu veux éviter les autres touristes, tu repères les endroits qui sont dans le guide et tu vas dans les endroits à côté ! Ceci dit, je ne cherche pas spécialement à fuir mes semblables car certaines des rencontres que l’on peut faire en voyage sont d’autres touristes très sympas… !

Alors, fier d’être touriste ?

Le touriste, ce n’est pas un problème dans la mesure où je l’assume. Touriste, c’est comme cordonnier : il y en a des bons et des mauvais. Ce n’est pas le fait d’être touriste qui est mauvais en soi si tu te comportes bien, que tu es responsable et tout simplement poli avec les gens que tu rencontres sur place. Il suffit simplement de se comporter avec le mec à l’autre bout du monde comme tu le ferais avec ton voisin. Je pense que c’est pas plus compliqué que ça, le rapport que tu dois avoir aux gens dans les pays que tu traverses.

Toi qui écris, si tu devais nous conseiller quelques récits de voyages…

J’aime beaucoup Ryszard Kapuściński, grand reporter Polonais qui a élevé le reportage au rang d’œuvre d’art. Je le conseille vivement. Nicolas Bouvier aussi, car il a un style qui est génial, teinté humour et de poésie. Et, bien sûr, quand j’étais ado j’ai lu Sur la Route et Voyage au bout de la nuit, qui ont probablement déclenché des choses…

Et ton prochain voyage, tu sais déjà où ce sera ?

J’essaie toujours d’avoir un prochain voyage en tête. Ca fait un objectif qui te donne de l’énergie, quand tu es dans la routine. Là, j’ai très très envie de retourner en Inde, notamment en Inde du Sud, que je ne connais pas. Et sinon ça fait des années que je dis que je veux aller en Iran, qui m’attire beaucoup. Ainsi qu’au Zimbabwe, où je compte quelques amis auxquels j’ai très envie de rendre visite… Je voyage dans le monde entier mais je n’ai vu la Bretagne pour la première fois de ma vie que l’été dernier ! En fait, je visiterai la France quand je serai vieux et que j’aurai plus la force d’aller loin…

 

 

 

Pour en savoir plus sur le livre : Touriste, éd. Au Diable Vauvert, 2011.

Et pour suivre l’actualité du livre et connaître les séances de dédicace, rendez-vous sur la page facebook du livre : TOURISTE de Julien Blanc-Gras

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