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Road trip arctique par Cécile et William

Road trip arctique par Cécile et William

Mis à jour le 26 juin 2018 | ,
Publié le 29 juin 2013

Par l’équipe du Guide Évasion

On retrouve Cécile et William du blog Retour du Monde pour un compte-rendu sur leur road trip au-delà du cercle polaire arctique, à la chasse aux aurores boréales. Enfilez vos moufles !

Il y a un an, vous nous racontiez votre premier séjour en Laponie. Qu’est-ce qui vous a donné envie de retourner au-delà du cercle polaire ?

Cécile : Avoir froid, encore, quelle question ! Et surtout ne pas être obligés de choisir entre les 3 pays donc le road trip s’imposait. On est partis de Kiruna, en Laponie suédoise, en passant par la côte norvégienne jusqu’aux Alpes du Lyngen, et en descendant le long du « bras » de la Finlande. Et retour sur Kiruna. En plus du froid, il faut dire que l’année dernière nous n’avions pas été gâtés au niveau des aurores boréales. Là, on a mis le maximum de chance de notre côté, en montant encore plus haut au nord.

William : Si vous vous rappelez au tout début de notre premier carnet, l’année dernière, on disait qu’on s’était mal débrouillés mais que c’était la Norvège que nous visions. Cette année, on s’est dit « ok, on va tenter de faire les choses mieux ! ». Et comme, il faut bien l’admettre, la Norvège est loin d’être un pays abordable, faire les 3 pays, au-delà de la diversité des paysages, c’était aussi bonne « astuce » pour minimiser un peu le coût du voyage. Et on ne le regrette pas !

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Cécile et William face aux fjords
     ©  Retour du monde

Qu’est ce qui est différent dans ce road trip par rapport au précédent ?

C : Ben premièrement, c’est que c’est notre premier road trip ! L’année dernière, un seul point de chute, et on gravitait autour… Là, on changeait d’hébergement tous les jours. 7 étapes différentes.

W : Voilà, Cécile a tout dit ! C’était principalement de ne jamais dormir le même soir au même endroit, et simplement ce détail change un voyage du tout au tout. C’est arriver le soir de nuit (soit vers 17 h), essayer de deviner les paysages, et le matin se prendre une claque visuelle parce que c’est encore plus beau qu’on ne l’avait imaginé. Et en plus de ça, on voit encore plus de pays, de paysages, on est sûrs de découvrir quelque chose de nouveau chaque jour.

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Le désert blanc à la frontière Norvège/Finlande
     ©  Retour du monde

En 9 jours, vous avez parcouru les régions polaires de 3 pays. C’est un rythme assez intense…

C : Intense, pas tant que ça ! En rentrant en France, on a découvert des circuits avec 400 km à parcourir par jour en voiture. Autant dire qu’on n’a même pas le temps de s’arrêter. Pour ce road trip, on avait beaucoup lu les sites officiels, qui préviennent qu’une route peut être coupée du jour au lendemain à cause d’une tempête de neige. On a donc prévu des étapes de 200 km grand maximum (la plupart du temps, c’était d’ailleurs 150 km par jour). Que l’on parcourait en à peu près 8 h, on pouvait donc prendre notre temps, s’arrêter, bifurquer, prendre le thé ! Et heureusement, nous n’avons pas été bloqués à un endroit à cause des intempéries. En Finlande, nous avons parcouru une étape sous la neige, et c’était assez long, mais à part cette étape un peu plus fatigante que les autres, aucun problème.

W : On a même toujours un peu de mal à en revenir, il y avait tellement de paramètres susceptibles de nous poser des soucis (météo, animaux, accidents,…), que ne pas en avoir eu continue de nous étonner. Pour ce qui est du rythme, c’était assez correct, quoi qu’on en dise, on a quand même pris notre temps et bien profité des paysages. C’est arrivé que parfois on fasse 10 km, qu’on s’arrête profiter des paysages et qu’on recommence 10 km plus loin.

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La carte du road trip
     ©  Retour du monde

Pouvez-vous nous expliquer comment vous avez établi votre itinéraire ? Et quand on est chasseur d’aurores boréales, c’est plutôt une carte du ciel qui serait utile…

C : On a justement prévu en premier un trajet, idéal. Puis, on a défini « grossièrement » les étapes, tous les 150/200 km. Ensuite, recherche des hébergements, dans des villages souvent. Concernant les aurores boréales, lorsqu’on avait le wifi, on en profitait pour regarder les prévisions.

W : Autant dire que dans le nord de la Suède, il n’y a pas 1 000 possibilités de parcours car, globalement, il n’y a qu’une seule route, l’extrême nord n’étant qu’un vaste parc. Au départ, on plaçait juste les endroits qu’on voulait voir, ensuite on reliait tout ça, on regardait où étaient les hébergements, puis on traçait un itinéraire principal et, selon le temps et l’avance, on allait se perdre sur des plus petites routes, on faisait des détours, etc. On n’avait qu’une seule carte routière, une IGN qui fait presque toute la Laponie, pas de GPS rien, une bonne vieille carte à Papa !

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Un phare au milieu de la nuit à Lannavaara
     ©  Retour du monde

Concernant la photo, les aurores boréales étaient-elles votre objectif n°1 ? Comment on fait pour prendre des aurores boréales en pleine nuit ? Temps de pause très long ? Objectif particulier, etc. ?

W : C’était parmi nos objectifs numéro 1 en effet, on savait que l’année 2013 était un peu l’apogée du cycle des éruptions solaires (je ne suis pas pour autant un scientifique, hein !). Et moi, j’étais comme un gamin, je m’obstinais à rester dehors dans le froid ne serait-ce que pour en voir, sans vouloir me résigner à rentrer. Pour ce qui est des photos, a posteriori, elles ne sont pas terribles car je n’ai pas le matériel adéquat, mais dans les grandes lignes, il faut un objectif lumineux (qui ouvre beaucoup à savoir f1.8 ou f2.8), une petite focale, histoire d’avoir le paysage alentour (un grand angle, de préférence 14 mm ou 18 mm), un temps de pause assez longs (environ 30 sec), un appareil capable de monter dans les ISO sans détériorer les photos et un objectif qui fait une mise au point à l’infini. Et moi, j’avais un appareil qui, dès qu’il montait dans les ISO, faisait du grain sur les photos, un objectif pas lumineux et qui ne faisait pas de mise au point à l’infini. Alors c’était en mode débrouille !
Bon mon explication est un peu longue, mais il existe pas mal de bon tutoriels sur internet qui seront sans doute plus clairs que moi.

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Aurores Boréales à Lyngseidet en Norvège
     ©  Retour du monde

Quels sont vos plus beaux souvenirs photographiques ? Techniquement, le froid est-il contraignant ? Et la lumière rasante ? Vous avez plusieurs types de matériels selon le type de photos ?

W : Question difficile ! Les aurores forcément, même si les photos ne sont pas parfaites. Cette petite échoppe éclairée comme un phare dans la nuit dans le microscopique village de Lannavaara… Chaque photo est liée à une ambiance ou à un souvenir, difficile de choisir !
Le froid est contraignant, étonnamment même si mon matériel est assez ancien, je trouve qu’il résiste plutôt bien au froid. Quand je shootais les aurores, je laissais l’appareil allumé pour que la batterie continue de chauffer, et système D oblige, je mettais ma chapka dessus pour le protéger du froid et de la neige.  Pour ce qui est de la lumière, la neige est difficile à prendre en photo, et la prendre très lumineuse ou très sombre change totalement l’ambiance qu’on veut donner à la photo, alors parfois ne sachant pas, je faisais 3 fois la même photo avec des expositions différentes. Et je n’avais pas plusieurs type de matériel, juste mon antique Canon 450D et l’objectif de base, un 18-55mm f/3,5.

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Aurores boréales du coté de Kiruna (Suède)
     ©  Retour du monde

Vous avez déniché pas mal d’hôtels charmants et très confortables sur votre route. C’était préparé ? Avez-vous déjà envisagé le couchsurfing ?

C : Tout simplement en fouillant longtemps, très longtemps sur internet. Après avoir défini les zones où il fallait s’arrêter, je cherchais les hébergements. En plus des amis de la #TeamGivrés qui m’ont conseillé des hébergements, je cherchais souvent des bed & breakfast chez l’habitant, comme à Bardu, afin de pouvoir discuter avec des locaux. Concernant le couchsurfing, on n’est pas encore vraiment dessus, et pour tout dire, ce n’est pas un concept auquel on accroche beaucoup. Mais ça peut changer !

W : C’est plutôt qu’on n’est pas familier du couchsurfing, mais j’ai regardé à notre retour et j’ai vu qu’à Kiruna, il y avait une Same qui héberge les gens, alors sur le coup, j’ai un peu regretté : je pense que ça aurait pu être une bonne rencontre. On franchira sans doute le cap la prochaine fois. C’est certainement une part de timidité qui nous retient un peu…

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Intérieur d’une kota, autour d’un thé
     ©  Retour du monde

Parlez-nous des logements traditionnels de laponie, des kotas et autres… Qu’avez-vous rencontré ?

C : On n’a vu qu’une seule kota, qui est, je le rappelle, l’hébergement traditionnel same finlandais… On en a vu une autre en Norvège, dans le jardin des propriétaires. Pour prendre son café et sortir de temps en temps regarder les aurores boréales, c’est génial.

W : Cécile oublie qu’on en a vue une autre dans un parc en Finlande, qui était en haut des pistes des skis, avec du bois, a moitié ouverte face au lac de Ounasjärvi. Pas de hutte laponne en peau de renne, mais peut-être l’année prochaine !

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Kota privative à Bardu, Norvège
     ©  Retour du monde

Ce roadtrip est visuellement vraiment très réussi. Qui s’occupe du graphisme, des cartes ? Où puisez-vous l’inspiration ?

C : Merci (là, William rougit).

W : Merci beaucoup (ok, je rougis !). Je m’occupe de tout : du graphisme, de la mise en page, etc. Ce qui n’est pas toujours simple, notamment quand j’ai voulu reprendre le design du site, puisque le premier avait été un peu monté à la va-vite ; sachant que je ne maîtrise pas le code, je ne suis pas développeur web, j’ai donc fait avec mes capacités. Pour ce qui est de l’inspiration après avoir pas mal vu, regardé, lu des sites de carnets de voyages, on arrive a savoir ce qu’on aime, ce qu’on aime moins, comment on veut le présenter… Et je farfouille pas mal sur internet pour trouver des idées, des choses qui vont exercer un déclic et me donner une idée, et parfois, c’est des amis lecteurs qui me disent « tiens, tu devrais faire ça ». Ce qui est arrivé avec la petite « timeline » qu’on a rajouté au début de chaque jour, pour que le lecteur sache où il se situe dans le récit.

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Coucher de soleil le long de la route de Nikkaluokta (Suède)
     ©  Retour du monde

Votre blog comporte une rubrique destinée à la cuisine. Parlez-nous un peu de votre expérience culinaire en Laponie.

C : En Laponie, et en Finlande plus généralement, on avait beaucoup appris au niveau culinaire. Beaucoup de baies, de pomme de terre, de poisson et du pain. Nos plats préférés, pour William : du renne, sous toutes ses formes, et pour moi, du poisson, sous toutes ses formes aussi ! L’année dernière nous étions restés (très) dubitatifs sur le fromage lapon. Cette année, on n’en a pas mangé, mais tant mieux. Des bonnes adresses, on en a quelques une croisées sur la route : Knoll Ogg Tott à Tromso et le restaurant Tundrea à Kilpisjärvi.

W : Ah ! moi, dès que je passe la frontière finlandaise, dès que je le peux,  c’est le renne, en burger, en aloyau, en ragoût… On n’a pas fait beaucoup de restaurants cette année, le budget était un peu serré, je regrette de ne pas avoir testé le restaurant à Tromsø qui sert du phoque… Ok, je sais, c’est pas bien de dire ça mais par curiosité, histoire de ne pas mourir idiot…

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Steak de rennes, avec jambon et bacon, accompagné d’une Karhu, bière finlandaise
     ©  Retour du monde

Et sinon, vous êtes accroc à la bière, c’est ça ?

C : C’est comme les bons vins, ça se déguste ! On a vraiment apprécié en goûter plein là-bas, car beaucoup ne sont pas importées en France.

W : Ahaha, non pas du tout, c’est une légende ! Ok bon, je l’admets, j’aime bien ça, mais modérément (de toute façon, au bout de deux, je commence déjà à faiblir). En fait, je suis curieux, j’aime bien goûter ce qu’on ne trouve pas ailleurs. En plus, la bière est peut être le seul dénominateur commun mondial, on trouve de la bière dans tous les pays ! Et puis, quand on boit une bière locale, c’est un peu une manière de s’intégrer aussi, chaque région à sa bière. On boit ça comme on dégusterait un café qui vient d’ailleurs, pour retrouver les goûts, les saveurs, les odeurs, les épices… Mais non, nous ne sommes pas alcooliques ni dépendants !

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Vue du ferry en Norvège
     ©  Retour du monde

Quel est votre prochain projet ? Des idées, des envies ?

W : On a toujours ce projet de remonter la Highway 61 aux Etats-Unis, entre la Nouvelle-Orléans et Chicago, faire la même route qu’empruntaient les bluesmen pour aller faire fortune et enregistrer dans les grands studios. Pour l’instant c’est mis de côté suite à des changements professionnels, mais l’idée est ancrée en moi, cela se construit petit à petit donc ça se fera quoi qu’il arrive. Des envies, oui plein, la Nouvelle-Zélande, le Svalbard, l’Islande, Oman, le Canada…bref beaucoup !

Vous avez découvert récemment des blogs, sites, tumblr qui vous ont inspiré/intéressé/transporté ?

C : Depuis l’année dernière, on a eu la chance de rencontrer des gens comme nous, tarés du froid, et on a fait notre petit groupe sur Twitter : un simple hashtag #TeamGivrés. En autres, Laponico, Emmanuel, Cédric, Léon ou Sophie… On s’inspire les uns des autres, on s’aide au besoin pour monter les voyages, c’est un échange permanent et très enrichissant.

W : Moi, j’ai beaucoup aimé le site de http://paris-tu-paris.fr/ ou encore celui de Maïder qui me donne de plus en plus envie d’aller voir les paysages de la Patagonie. Sinon bien d’autres encore mais difficile de citer tout le monde !

 Photo à la une : On the -Arctic- road again ! © Retour du monde
Vos commentaires

Yaaaaay vive la #teamgivrés 😉
Les photos d’aurores sont à tomber. (je suis très jalouse! :D)

On est d’accord avec vous Cécile !

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On est d’accord avec vous Cécile !

Yaaaaay vive la #teamgivrés 😉
Les photos d’aurores sont à tomber. (je suis très jalouse! :D)

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