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Serge Bathendier, en direct de Chypre

Serge Bathendier, en direct de Chypre

Mis à jour le 3 décembre 2018 | , ,
Publié le 10 avril 2011

Serge est un spécialiste. De l’Orient, de l’Asie et de la Méditerranée. Auteur de guides et historien, il a sillonné pour nous l’Egypte, la Syrie, la Jordanie, la Croatie, l’Inde et arpenté les ruelles pavées de la pétillante Barcelone. Entre autres. En ce moment même, c’est au tour de Chypre. Impressions, toutes droit venues de « l’île de l’amour »…

Chypre, qu’est-ce-que cela représente pour vous ?

C’est une longue histoire d’amour. Aphrodite y est peut être pour quelque chose. Tout a commencé en 1977 : de retour du Liban, en pleine guerre civile, vingt minutes d’avion, et me voilà débarqué à Larnaca. La Grèce, je la fréquentais depuis quelques années déjà. Alors Chypre en ce temps-là, c’était de vieux bus brinquebalants, les cafés où les hommes égrènent leur komboloï… La Grèce quoi, et un pays sorti d’une épouvantable tragédie : l’occupation d’une partie de son territoire par l’armée turque. Et puis, Chypre, c’est aussi le premier guide de voyage qui m’a été confié, un grand garçon que j’accompagne aujourd’hui depuis vingt ans.

Quelle est la première chose que vous faites, quand vous retournez à Chypre ?

Et bien sitôt arrivé à Nicosie, je franchis la ligne de démarcation. Une formalité aujourd’hui : un passeport tendu au policier turc, un coup de tampon sur une feuille volante et me voilà passé d’Occident en Orient, des enseignes internationales et des fast food aux bistrots de chich kebab. Je file vers le Büyük Khan, un caravansérail ottoman, pour retrouver mon vieux copain Mehmet, le dernier marionnettiste de Chypre. Assis sous les arcades de pierre, le temps des derniers potins, un café à portée de main : les nouvelles du fils exilé en Angleterre, de la situation chypriote… et Karagöz, le Guignol turc, la véritable histoire d’amour de Mehmet. L’après-midi avançant, il ne résiste jamais à me jouer une des scènes de sa composition, galerie de portraits des personnages des villes levantines : le Grec, l’Arabe, la femme ottomane, le juif… Et à chaque fois, je me tiens les côtes.

D’un séjour à l’autre sur l’île, voyez-vous des évolutions ?

Chaque nouveau voyage contredit le précédent. On a pu croire depuis le début de la décennie que la réunification de l’île était à l’ordre du jour. Que la balafre de barbelés qui coupe l’île en deux et fait de Nicosie la dernière ville partagée par une ligne de démarcation allait cicatriser… Plus que la conséquence d’un conflit communautaire, cette frontière qui ne dit pas son nom sépare Occident et Orient, Nord et Sud. A preuve, la cohorte de travailleurs turcs qui chaque matin franchit la ligne pour aller s’embaucher sur les chantiers grecs. Aujourd’hui, à écouter les amis des deux côtés, cette perspective s’éloigne. Mais sait-on jamais dans cet Orient si changeant ? Côté tourisme, une bonne nouvelle : chambres d’hôtes et gîtes ruraux se multiplient dans l’intérieur du pays. Une façon – bon marché – de découvrir le pays au plus près de ses habitants. J’en ai trouvé une foule dans ce dernier voyage.

Vous qui êtes actuellement à Chypre, parlez-nous justement de l’ambiance actuelle…

La grande affaire ici, c’est la présidence de l’Union Européenne assurée par Chypre en 2012. Pensez : un pays d’à peine 800 000 habitants va présider aux destinées de 500 millions de citoyens européens. Nicosie est en pleine ébullition : on rénove la grande place, on réhabilite les vieux quartiers, histoire d’être à la hauteur de l’événement. Car l’Europe ici, on y croit. Avec ses résultats économiques flatteurs, Chypre est même un des bons élèves des instances budgétaires européennes. Du coup, personne n’a plus la nostalgie de la vieille revendication d’Enosis (union avec la Grèce), bien mal en point par les temps qui courent. Un enthousiasme européen partagé par les Chypriotes turcs qui dans leur majorité sont détenteurs d’un passeport européen. C’est ce que me disait cet après-midi Gülten Demirci, dans son petit bureau niché dans une belle maison levantine du nord de Nicosie. Responsable de l’association culturelle franco-chypriote turque, elle s’obstine à dispenser des cours de français et à promouvoir la culture française dans son pays, en dépit de l’absence de toute subvention ou aide matérielle des services culturels français.

C’est bientôt Pâques. A Chypre, comment célèbre-t-on cette fête ?

Pâques est la grande fête du calendrier liturgique orthodoxe. Bien plus que Noël. Bien sûr, le carême de quarante jours n’est plus guère respecté. Mais quand arrive la Semaine Sainte (du 17 au 24 avril cette année), la ferveur augmente. Chaque jour deux offices réunissent un nombre considérable de fidèles. Puis vient le Vendredi Saint, le jour du deuil. La vie s’arrête : le soir, dans les villes et les villages, une procession accompagne dans les lamentations l’Epitaphion, le tombeau du Christ. Enfin, dès le samedi à minuit, tout le monde exulte : Christos anesti, Christ est ressuscité. Le temps aussi de rompre le jeûne en famille, d’échanger les œufs colorés pendant que les jeunes allument un énorme bûcher dans lequel ils jettent l’effigie de Judas.

Et votre prochain voyage, ce sera où ?

Quelques jours de repos, et cap sur la Bretagne. Dès la semaine prochaine, Saint-Brieuc, Cancale ; une autre mer, moins pacifique, plus vigoureuse. Mais là-bas comme ici, des histoires d’hommes à recueillir, des paysages devant lesquels s’enflammer. Et au final, un écart pas si grand que ça : le Breton Chateaubriand n’a-t-il pas été un des premiers amoureux de la Grèce ?

Et vous, vous êtes déjà allés à Chypre ? Donnez vos impressions, vous aussi !

Retrouvez les suggestions et conseils de Serge Bathendier dans le guide Evasion Chypre.

 
Vos commentaires

Bonjour,
J’envisage de passer une semaine à Chypre en avril.
Me conseiller vous d’y aller pendant la semaine sainte, soit avant le weekend de Paques ? Ou bien plutot d’arriver pour Paques (le samedi) et d’y rester la semaine suivante ?
Merci

Bonjour Tokala, nous vous préparons une réponse.
Merci!

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Bonjour Tokala, nous vous préparons une réponse.
Merci!

Bonjour,
J’envisage de passer une semaine à Chypre en avril.
Me conseiller vous d’y aller pendant la semaine sainte, soit avant le weekend de Paques ? Ou bien plutot d’arriver pour Paques (le samedi) et d’y rester la semaine suivante ?
Merci

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