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Vie d’expat, 02 : directrice d’école à San Francisco

Vie d’expat, 02 : directrice d’école à San Francisco

Mis à jour le 30 novembre 2018 | , ,
Publié le 15 octobre 2012

Interview de Manon Du Pasquier-Johnson, dans la Baie de San Francisco depuis Juillet 1999.

Peux-tu te présenter en quelques mots :

Je suis née à Paris en 1974. J’ai travaillé dans l’édition jusqu’en 1999. J’ai rencontré mon futur mari, Adam, en Mars 1999 et (presque) sur un coup de tête je déménageais en Californie en juillet de la même année. Mon anglais étant très limité à l’époque… L’édition n’était plus une option pour moi et j’ai découvert le monde de l’éducation. Je suis retourné à la fac et j’ai pris des cours pour devenir institutrice de maternelle. J’ai commencé à travailler dans une petite école à Berkeley en juin 2002, puis je suis devenue Co-directrice de cette école en mars 2007. Nous avons deux petites filles, Magdalena et Margot, nées en 2005 et 2007.

Quelle est la place de l’enfant dans la société américaine ?

Les enfants sont au centre de la famille. Les parents peuvent modifier leurs horaires, pour permettre à leurs enfants de faire une activité. Les enfants sont inclus dans les conversations et les choix familiaux. Les « family meetings » sont communs, ici en Californie : si on veut décider d’une destination de vacances, adopter un animal de compagnie, ou s’il y a un problème de communication, les membres de la famille se réunissent et parlent ensemble des opinions et idées de chacun.

Les parents sont-ils plus présents ?

Les parents font beaucoup de bénévolat dans les écoles ou clubs de sport de leurs enfants. Par exemple, je connais beaucoup de papas qui passent des heures à entraîner leurs enfants, dans les petits clubs de football ou baseball plusieurs fois par semaine.

Qu’en est-il de l’autorité ?

Il est très choquant (et parfois même illégal) de fesser un enfant et les punitions restent très peu fréquentes aux États-Unis. La discipline est plus souple (est demande parfois de longues conversation/compromis) et plus douce.

Comment arrives-tu à concilier les principes d’éducation française que tu as reçus et ton quotidien américain

Ce n’est pas toujours facile, mais passionnant ! Car être une mère expatriée me permet de toujours réfléchir, prendre du recul et choisir ce qui nous convient le mieux. Nous sommes véritablement une famille biculturelle et bilingue, car mon mari est Américain de Berkeley et sa famille vit dans les environs. Je jongle sans arrêt d’un principe à l’autre et essaye de créer un équilibre entre les systèmes et habitudes. J’essaye de garder le meilleur des deux cultures et d’éviter ce que je trouve négatif.

Alors vous fêtez le 4 juillet ou le 14 juillet ?

Nous fêtons les deux ! Cette année, nous campions dans les Montagnes des Sierras avec des amis le jour de la fête Nationale. Nous avons fait des crêpes sur le camping gaz et grâce à nos nouvelles technologies nous avons pu écouter Brassens en pleine foret de Séquoias. Mais la culture américaine est prédominante, et l’anglais est la langue de choix dans nos conversations familiales. Nous sommes chanceux car nos filles vont maintenant à l’école française, ce qui aide beaucoup à rééquilibrer la balance culturelle et linguistique !

Qu’est-ce qu’il y a de typiquement français dans l’éducation que tu donnes à tes enfants ?

Je suis très stricte sur l’heure du coucher ! Mes filles sont au lit tous les soirs à 20 h ou 20 h 30 et on lit des histoires (en français et anglais) avant de dormir. Pas de télé le matin ! Mange ta soupe ! Et tes brocolis ! Nous sommes privilégiés ici dans la Baie de San Francisco avec des marchés superbes, des produits frais et bios toute l’année, du pain de haute qualité, etc. Il existe un vrai plaisir et amour de la cuisine et des vins en Californie… mais je sais que c’est assez exceptionnel aux US ! Quand nous voyageons dans le pays, nous voyons la différence à seulement 30 km d’ici ! « La bonne bouffe » fait partie de notre quotidien et nos filles cuisinent avec nous et apprennent les joies de la bonne nourriture équilibrée.

Qu’est-ce que tu peux apporter à tes enfants que tu ne pourrais pas apporter en France ?

Le temps passé, et une vie beaucoup plus calme et zen que mes années parisiennes. Des horaires aménagés pour pouvoir assumer et apprécier d’être maman et d’avoir une carrière (sans jugement des patrons…)
La nature, les grands parcs, l’Océan Pacifique. Une classe de yoga pour les enfants en école élémentaire, les bagels et les tacos.
Vivre auprès d’une communauté très soudée qui accepte les différences et qui garde un esprit ouvert.
Ici des mamans lesbiennes, des enfants adoptés, les handicapés, les obèses ou diabétiques, les religions et traditions sont beaucoup mieux acceptés sans être critiqués ou mis à mal. J’aime voir grandir mes enfants dans un endroit ou chacun est apprécié pour ce qu’il est.

Sequoia National Park

Le Sequoia National Park aux États-Unis      ©  mlhradio

6 conseils de Manon pour une expatriation réussie en Californie

1- Restez ouvert ! Les français sont bien aimés des américains qui admirent beaucoup notre culture. C’est bien pratique d’arriver dans un pays où les habitants vous trouvent déjà extraordinaires parce que vous avez un accent français, pourquoi ne pas en profiter 😉

2- Soyez curieux. Les américains dans les soirées posent des milliers de questions, une bonne habitude à prendre est de faire la même chose, montrer de l’intérêt et poser des questions en retour (à défaut d’être pris pour un malotru).

3- Organisez des rencontres. Pour se faire de vrais amis, il faut insister et organiser beaucoup de diners, excursions, et autres sorties. Cela prend beaucoup de temps pour se faire un vrai ami en Amérique mais une fois forgée une amitié, c’est pour la vie !

4- Il faut savoir s’adapter au monde professionnel rapidement et sans commentaires. Les pauses sont courtes, les vacances sporadiques, et les habitudes très différentes (vous pouvez vous faire licencier du jour au lendemain). Les américains travaillent dur mais reçoivent en échange des primes ainsi que des appréciations positives, qui les suivront tout au long de leur parcours professionnel.

5- Interdit de draguer au travail ! Les américains ne rigolent pas avec les cas d’abus sexuel ou d’harcèlement. Prudence donc, quand on a un coup de cœur au travail, toujours attendre que l’autre montre de l’intérêt.

6- Préparez-vous à trembler ! Et oui, les tremblements de terres sont fréquents en Californie et un des moyens pour moi de me relaxer (un peu) c’est de me sentir prête. Je garde donc, dans mon garage, une caisse avec tout ce qu’il faut pour survivre une semaine. Une tente, des couvertures, des habits, de la nourriture, des médicaments… mais surtout de l’eau ! Les californiens sont très informés et prêts « au cas ou »…

Vos commentaires

bonjour Manon , je vis à Columbus en Georgie , cote est , j ai lu tes commentaires et suis tout a fait d accord avec toi ! au plaisir de te relire ….. Maria ( la belge , lol )

Maria, on avait compris votre passion pour les US! Merci pour votre fidélité et vos commentaires

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bonjour Manon , je vis à Columbus en Georgie , cote est , j ai lu tes commentaires et suis tout a fait d accord avec toi ! au plaisir de te relire ….. Maria ( la belge , lol )

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