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Madagascar : sur la piste mode d’emploi, ép.02

Madagascar : sur la piste mode d’emploi, ép.02

Mis à jour le 30 novembre 2018 |
Publié le 2 octobre 2013

Par Annie Crouzet, auteur du Guide Évasion Madagascar

La suite des aventures d’Annie sur les pistes du Grand Sud de Madagascar, entre Manakary et Tuléar, suite et fin. Elles sont entrecoupées de bacs, jalonnées de tombeaux…

Ça coince au bac

Le long de la côte est de Madagascar, entre Manakary et Fort-Dauphin, il n’y a pas moins de dix bacs à passer. Tous sont à faible capacité.  Le véhicule qui vous précède devient alors un concurrent gênant, qui vous retardera d’une heure voire davantage, s’il parvient le premier à l’embarcadère. Dans les derniers kilomètres, une compétition féroce s’engage entre chauffeurs pour forcer ou refuser le passage.  Allez ! Cramponnez-vous ! Il va y avoir du sport. Arrivé au bac, l’engin est bien souvent sur l’autre rive. Tout ça pour ça…Il ne reste plus qu’à patienter. Je ne me lasse pas du « spectacle » qu’offrent les vendeuses de manioc ou de poissons grillés. Ou les gamins qui font joujou dans l’eau sur des coques de noix, dont on ne donnerait pas mille ariary (trente centimes). Des pêcheuses immergées jusqu’au cou lancent leurs filets. La vie à Mada…

Le bac de Esama ©Annie Crouzet

Le bac de Esama
     © Annie Crouzet

Le coup de la panne

V’là autre chose. En principe gratuits, ces bacs ont beau dépendre du Ministère des Travaux Publics et de la Météorologie, il arrive que le ferry soit à court de carburant. Vrai ? Faux ? Va savoir. À votre bon cœur, messieurs-dames. Au bac de Maroroy, il ne reste plus qu’à siphonner un litre de gasoil dans le réservoir de notre 4×4 pour passer de l’autre côté. Il arrive aussi bêtement que le moteur soit en panne. Et que la pièce de rechange mette un temps fou pour arriver à bon port. Ce qui est bien à Madagascar, c’est que tout problème a une solution. Dans ce cas précis, les passagers sont mis physiquement à contribution. Ho hisse ! Dans la bonne humeur, tout le monde tire sur la corde, pour amener la traille de l’autre côté. On traverse à la vitesse d’un escargot.

Embouteillages et passage de tortues

Boue, sable, rochers, radiers (passage à gué, empierré sur une rivière),  trous de zébus dans une route qui a été autrefois goudronnée, il y a beaucoup de lunes… J’ai tout connu. La piste est roulante ou cassante. Il y a parfois des embouteillages sur un pont, où roulent de front deux charrettes. Autre obstacle sur la piste, rencontré du côté du cap Sainte-Marie, le point le plus méridional de Madagascar : des tortues radiées, qui traversent sans crier gare. Le cap et sa réserve hébergent une concentration phénoménale de ces petites bêtes : 400 au km2 ! Heureusement pour elles, elles sont fady (taboues, sacrées) pour la plupart des Malgaches.

Car Brousse entre Tuléar et Fort Dauphin ©Annie Crouzet

Car Brousse entre Tuléar et Fort Dauphin
     © Annie Crouzet

Aventures culinaires

Fady, fady… C’est vite dit. Dans un autre voyage à Mada, il est arrivé qu’on me serve dans un boui-boui du ragoût de tortue. J’ai honte, mais j’ai trouvé ça bon. Enfin, c’était il y a longtemps, il y a prescription. En revanche, je n’ai jamais pu me résoudre à découvrir le goût de la chauve-souris, plat que certains Malgaches apprécient. Du coup, je m’en tiens le plus souvent à leur poulet, le fameux « poulet bicyclette », haut sur pattes. C’est plus sûr.

Les tombeaux Mahafaly

Dans le Grand Sud, la RN 10 est jalonnée de flamboyants tombeaux mahafaly. Grosse discussion philosophique avec Andry, notre chauffeur : photographier ces monuments impressionnants est-ce manquer ou non de respect aux morts ? Pour moi, fixer sur pixels peintures et aloalo (poteaux en bois sculptés et peints), c’est rendre hommage à l’art funéraire des Mahafaly,  tribu dont le nom signifierait « qui rend heureux ». Les tombeaux sont fady : on s’en tient à une distance respectueuse (2 m environ), on ne les montre pas du doigt. Et surtout, et surtout… on demande l’autorisation de les photographier aux personnes présentes sur les lieux, sous peine de se voir accusé de voler l’âme des morts. Ça ne plaisante pas : dans la bonne tradition malgache, tout sacrilège exige réparation. « Dix zébus en l’occurrence », me souffle un gardien de la réserve du cap Sainte-Marie. À 500 000 ariary (170 euros environ) pièce, faites le total…

Les fabuleux tombeaux Mahafaly ©Annie Crouzet

Les fabuleux tombeaux Mahafaly
     © Annie Crouzet

Pratique

Sésame. Office de Tourisme de Madagascar. Pas de représentation à Paris. Un site Internet : www.madagascar-tourisme.com. Visa délivré gratuitement à l’arrivée. Mais RSA (Redevance de Sûreté Aérienne) perçue au retour (15€ environ).
Accès aérien. Pour le Sud de Madagascar, il se fait forcément via Antanarivo, la capitale (au choix : Air Madagascar et Air France en direct depuis Paris). Ensuite, vous pouvez rejoindre par les airs Fort-Dauphin ou Tuléar avec Air Madagascar. Bon plan :   la compagnie consent sur les lignes intérieures une réduction de 50% si vous l’avez choisie… à l’international.  Ce transporteur a fait d’énormes progrès en matière de ponctualité ; mais pour le cinéma à bord, il va falloir encore attendre un peu. On peut arriver à dénicher un aller-retour autour de 800 euros.
Décalage horaire : 2h en été, 3h durant notre hiver. Quand il est midi à Tananarive, il est 9h ou 10 h à Paris.
Climat.
Tropical avec une saison sèche et une saison humide (décembre-avril), où les pistes peuvent devenir impraticables.
Monnaie locale. L’ariary. 1  euro = 2 900 ariary environ.
Voyagiste. Malagasy Tours, Ambohidraserika – Mahazoarivo, Tananarive. Tél. +261 (0) 20 22 356 07, www.malagasy-tours.com. Ce correspondant d’Allibert à Madagascar a été le premier à programmer la côte est, surnommée la côte de la girofle. Au menu de ce voyagiste : la route du Sud, 17 jours, par monts et pistes, départ et retour Tananarive (à partir de 1245 euros par personne en pension complète), à faire entre avril et novembre.
Location d’un 4×4. Il se fait à 99% avec chauffeur. Comptez 50 euros par jour, chauffeur inclus, carburant non compris.
Le repos du pistard. Lavasoa, plage de Libanona, Fort-Dauphin. Tél. GSM + 261 (0) 33 12 517 03, www.lavasoa.com. 6 bungalows seulement pour cet hôtel de charme, qui surplombe la baie. Á partir de 45 euros une chambre double, petit-déjeuner non compris.
Lavanono Lodge, Lavanono Bay, Lavanano (« près » du cap Sainte-Marie). Tél. GSM +261 (0) 3 22 187 37, www.lavanono.com. Dans un isolement superbe, au bord de la plage, cet écolodge, que tout le monde connaît comme étant chez Gigi, offre un confort minimal (douche chaude à la bouteille, sanitaires communs) mais royal vu le contexte. À partir de 30 € la chambre double, petit-déj. non compris. Trois nuits minimum en principe.

Lavanono

Lavanono, spot idéal pour le kite surf
     © Annie Crouzet

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