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Camargue : sous le signe du taureau

Camargue : sous le signe du taureau

Mis à jour le 26 novembre 2018 | ,
Publié le 17 septembre 2012

Par Annie Crouzet, auteur du Guide Évasion Provence

La Camargue, c’est le pays de la « bouvine », où tout tourne autour du taureau. Un monde fascinant, déroutant et impitoyable, où je débarque telle Bécassine avec mes gros sabots pour finir en afeciouna (passionnée).

Course camarguaise : strip-tease taurin

« La pizzeria Dolce Vita, cinq euros de plus… » Dans les arènes d’Arles, je suis, un peu ahurie, le déferlement des enchères pour faire monter la pression, tant dans le public, massé côté ombre, que parmi « les hommes en blanc », les raseteurs. En quinze minutes, pas une de plus, nos « kangourous » (c’est un de leurs surnoms), munis d’un crochet en forme de griffe, doivent « déshabiller » le taureau, lui enlever ses « attributs ». Non, non, ce n’est pas ce que vous pensez… Il s’agit de lever successivement la cocarde, les glands et les ficelles, le tout fixé, enroulé autour des cornes de la bête (300 à 400 kilos quand même).

Course camarguaise

Course camarguaise      © Annie Crouzet

Jouer n’est pas tuer

Bien que pouvant se dérouler dans les mêmes arènes, la course camarguaise est aux antipodes de la corrida. Au bout de ses quinze minutes, le biòu, notre taureau camarguais d’un beau noir ébène,  ressort guilleret de la piste. J’en ai vu même qui refusaient de quitter la scène, style « comment ça, déjà fini, je commençais juste à m’amuser ». Sous les huées du public, il faut alors envoyer le simbèu (un taureau dominant) pour le ramener au toril vers ses gardians qui le récupèrent.

Faire briller le taureau

L’air de Carmen – le grand air du Toreador ! – retentit triomphalement à intervalles réguliers dans l’arène. Mais c’est pour saluer la pugnacité d’un biòu, qui poursuit son voleur de cocarde, jusqu’à la barrière rouge sang, n’hésitant pas à « taper dans le bois ». Adrénaline, frissons… Et si on recevait l’animal sur les genoux ? L’homme est là pour « faire briller le taureau ».

Les gardians

     © T Kreiser pour CDT Bouches du Rhône

Argent, motus et bouche cousue

Dans le petit monde de la bouvine, on n’aime pas trop parler d’argent. Je m’y risque. Motus et bouche cousue sur le montant des « engagements », versé aux raseteurs « invités » pour une course. Mais dans l’arène, au fil des enchères, « lever une ficelle » peut rapporter gros : jusqu’à 2 000 euros. « Un raseteur débutant va se faire peut-être cinquante à soixante euros dans une course. Dérisoire au regard des risques encourus », analyse l’une des stars de ce milieu, Bastien Four. Une mauvaise blessure est si vite arrivée. Un coup de corne. Un écrasement musculaire.

Journée camarguaise dans une manade

Si vous voulez en savoir plus, inscrivez-vous à « une journée camarguaise » dans une manade, où l’on élève ces fameux taureaux, vifs et sauvages. Le pelot ou la pelote, c’est-à-dire le propriétaire de la manade, vous accueille. On peut déjeuner en compagnie des gardians, souvent bénévoles. Intrusion dans un monde déroutant, fascinant. Mais attention, la Fe di Biòu, littéralement la foi dans le taureau, peut être contagieuse ! Autant dire qu’on rend, ici, sur cette terre âpre, un véritable culte à l’animal.

Taureaux en Camargue

Taureaux en Camargue      © V

En pratique

Assister à une course camarguaise. La saison des courses camarguaises (www.ffcc.info) s’étale entre mi-mars et mi-novembre. Tuyau : en septembre et octobre, elles sont gratuites aux Saintes-Maries-de-la-Mer (www.saintesmaries.com) chaque mercredi. Sinon, réservez-vous pour la finale du Trophée des As, où s’affrontent les douze meilleurs raseteurs : c’est le 14 octobre à Nîmes.

Participer  à une « journée » camarguaise. Des manades accueillent des individuels toute l’année. Parfois, vous serez inséré dans un groupe. Tentez votre chance du côté de la manade Saint-Antoine (www.manadesaintantoine.com), de la manade Blanc (www.manade-blanc.fr) ou de la manade Jacques Bon (www.masdepeint.com). Trois manades qui bénéficient d’ailleurs du label parc de Camargue (www.parc-camargue.fr).

Visiter le musée de la Camargue (www.museedelacamargue.com) à dix kilomètres au sud d’Arles, sur la route des Saintes-Maries-de-la-Mer. Pour comprendre en profondeur l’univers des manades et des gardians.

Se faufiler dans le pèlerinage des Saintes-Maries-de-la-Mer. Le dernier de l’année, c’est le week-end le plus proche du 22 octobre (samedi 20 octobre et dimanche 21 octobre pour 2012). Avec la « Nacioun  Gardiano » (les gardians) en guest star.

Dormir dans une manade. Sans hésiter, on opte pour le Mas Saint-Germain (www.massaintgermain.fr).

Musée de la Camargue

Le Musée de la Camargue      © parc naturel régional de Camargue

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