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Cap Corse, mon Amérique à moi

Cap Corse, mon Amérique à moi

Mis à jour le 9 janvier 2020 |
Publié le 17 février 2014

Par Annie Crouzet, auteur de Guides Évasion

 

Entre « marines » (ports) et villages perchés, séquences plages et sentier des douaniers, partez à la recherche de ces curieuses « maisons d’Américains », si typiques du cap Corse. Ce sont les palazzi de Capcorsins partis faire fortune aux Amériques. Une histoire qui alimente encore bien des fantasmes.

Arrivée en mode slow

Pour partir en Corse, j’opte toujours pour le ferry pour me donner à peu de frais l’illusion d’une transatlantique. Poursuivie par quelques notes de piano, je me balade avec plaisir sur les ponts de ces véritables villes flottantes. Mais le moment entre tous que je préfère, c’est l’arrivée aux aurores sur l’île de Beauté.  Du cap Corse que longe le Mega Express IV,  la brise nous apporte comme une bouffée de maquis, romarin, myrte… À 7 heures, Bastia se présente tandis que les cloches de Saint-Jean-Baptiste carillonnent. Moment de bonheur.

Bastia, Corse

Bastia, Corse      © Jon Ingall/Shutterstock

Ils rêvaient de l’Eldorado

Aujourd’hui, le cap Corse compte seulement 6 500 habitants permanents. Mais dans les Caraïbes, un million de Portoricains auraient un ancêtre capcorsin ! Surpopulation du cap, crise du phylloxéra dans la vigne au XIXe s… Un bon nombre d’habitants – on parle de 2 000 – de cette « île dans l’île » choisissent l’exil. Direction « les Amériques ». Porto Rico s’est imposé d’abord comme Eldorado. Puis, ce fut l’Alabama, le Venezuela, Panama…

Palazzi d’Americani

Parfois, ces émigrés sont revenus, fortune faite dans les mines d’argent, le café, le cacao ou la canne à sucre. Ils ont investi dans de somptueux palazzi, dont le cap Corse est truffé. Selon une estimation, on en dénombrerait cent trente-quatre dans cette région sauvage. Un village comme Pino ne compte pas moins de quatorze palazzi d’Americani !

Jeu de piste

Aucun panneau ne signale ces maisons d’Américains. Ouvrez l’œil ! Elles campent sur les plus beaux promontoires. Orgueilleusement à l’écart des villages, où les maisons s’enchevêtrent, elles se cachent derrière un rideau « exotique » de palmiers, cèdres ou araucarias…  Toutes ont un air de famille troublant. Ce sont des demeures imposantes, de style toscan, néoclassique : entrée théâtrale, fenêtres surmontées de frontons triangulaires, balcons en fer forgé…

Le mal du pays

À Rogliano – ne prononcez pas le g, malheur -, la mairie est tout bonnement installée dans une maison d’Américains ! « Un retour qui s’est mal passé… Le mal du pays, de l’autre pays », confie un autochtone. Ils sont quelques-uns, une poignée, qui n’ont pas su, pas pu se ré-acclimater en Corse. Ils sont repartis presque illico.

Rogliano, Corse

Rogliano, Corse      © HowardPonneso/Shutterstock

Trop petite !

Revenu du Venezuela, Santos Gaspari (1802-1867) n’a jamais habité la maison qu’il s’est fait construire dans le hameau de Chioso. Pas à son goût. Trop petite ! Il est vrai que cette demeure – c’est aujourd’hui la villa Gaspari-Ramelli – ne comportait qu’une vingtaine de pièces sur quatre niveaux. Une misère, vous l’avouerez. Dans ses dernières volontés, notre franc-maçon a exigé d’être enterré debout, à l’intérieur d’une colonne, dans le cimetière de Sisco. Ce qui fut fait. Il vous reste à deviner où ! Un indice ? Regardez du côté de la tombe de son neveu Toussaint Gaspari.

Le Taj Mahal du cap Corse

Nos « Américains » avaient l’habitude de voir large, même outre-tombe. Si vous poussez la grille des cimetières, vous serez étonné par la taille des monuments, qu’ils ont fait élever pour profiter de l’éternité. Sur la côte ouest, à Pino, les esprits caustiques comparent le tombeau des Piccioni au Taj Mahal d’Agra (Inde),  qu’un empereur moghol avait dédié à son épouse adorée. Trois coupoles… Le compte est bon ! Dans ce mausolée, est enterrée la fille de Gustave Eiffel, qui avait épousé Camille Piccioni.

Séjourner dans une maison d’Américain du cap Corse

Une location. Palazzu Angeli (1850), hameau de Brando, Pozzo. Tél. 06 07 75 26 16, www.homelidays.com (annonce n° 90370). Sur la côte est, un grand appartement (145m2) à louer. Les plafonds peints sont encore en place et la vue sur la mer est splendide ! Comptez entre 700 et 900 € la semaine.

Un hôtel.  Castel Brando, 20222 Erbalunga. Tél. 04 95 30 10 30. L’adresse luxe du cap Corse. Mais les puristes trouveront cette demeure (1853), qui a appartenu à un Capcorsin de Saint-Domingue, « trop » restaurée. 2 piscines dont une chauffée, spa et parc aux essences centenaires. Ouvert du 4 avril au 2 novembre. Á partir de 99 € la chambre double (tarif Internet), hors petit déjeuner.

Une maison d’hôtes. Maison Casanova, Hameau de Chioso, 20233 Sisco. Tél.  06 20 25 09 19. Ouvert de mi-mai à fin septembre. À partir de 79€ par personne avec petit-déjeuner. La « maison neuve » (1893) de Pierre-Toussaint Vivoni a beaucoup de cachet.

Autres maisons d’Américains ouvertes au public

Restaurant. Le Vieux Moulin, port de Centuri, 20238 Centuri.
Tél. 04 95 35 60 15. Sur le port, l’une des meilleures tables de poissons et de crustacés (la langouste est légendaire !) du cap Corse. Ouvert de mars à octobre. Malgré la mort du fondateur, Pierre Alessandrini, le restaurant continue.

Centre culturel. Villa Gaspari-Ramelli, Hameau de Chioso,  20233 Sisco. Tél. 06 28 35 15 22. La maison que Santos Gaspari n’a jamais consenti à habiter abrite expositions, concerts, conférences. Et les amoureux du lieu ne manqueraient pour rien au monde sa « fête blanche », le 5 août de chaque année, où l’on arrive habillé en blanc pour un pique-nique géant dans le parc.

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