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Java express [partie 2]

Java express [partie 2]

Mis à jour le 26 novembre 2018 | , ,
Publié le 3 septembre 2012

Par Marion, éditrice du Guide Évasion partie à l’assaut des volcans

Après un trek urbain à Yogyakarta et un coucher de soleil à Borobudur, la force des volcans m’appelle (roulement de tambour). J’exagère à peine, je frétille d’impatience à l’idée de me prendre pour Haroun Tazieff. Croyez-moi, je n’ai pas été déçue.

Bromo : Cendrillon sur la Lune

Bien avant l’heure où blanchit la campagne (plutôt à l’heure où ferment les bars, en fait), je suis en altitude, frigorifiée. « Les nuits peuvent être fraîches », avais-je lu. Humm, moins de 5°C, c’est frais ou glacial, après des vacances en tongs/short ? Le vendeur de café dans sa gargote a pitié de moi (ou flaire le prototype de la touriste ingénue), et me loue une parka.

Deux heures de 4 x 4 plus tard (à 4 h du matin, donc), je suis au sommet du mont Penanjakan, face au Bromo, meilleur point de vue pour contempler le lever du soleil. Plutôt place to be que spot secret, si j’en crois le groupe de japonais qui photographiera le spectacle avec pas moins de 7 objectifs différents, 1 Ipad, 2 Iphone, et un bidule non identifié par l’arriérée technologique que je suis.

Le Volcan Bromo

Marion à l’assaut du Volcan Bromo      © Marion Turminel

Eh bien, touristique ou pas, c’est magnifique. Ça bleuit, puis ça rosit, puis ça jaunit, et quand enfin tu y vois vraiment clair, il y a une mer de cendre qui s’étale devant toi.

D’ailleurs, la mer de cendre est au programme de l’escapade. Le 4 x 4 m’y dépose, et hop, je galope allègrement sur cette étendue lunaire (un petit pas pour un homme, un grand pas pour une blonde), avec l’impression grisante d’avoir découvert une nouvelle planète. Ensuite, il faut monter en haut du Bromo, et c’est là que ça se corse un chtouille. Parce que la cendre en plein dénivelé, ça glisse, et c’est un peu comme remonter une piste noire en ciseau, avec des skis trop grands. D’en haut, je découvre que ma planète fume, et on me dit que si je jette une offrande au fond du cratère, ma vie ne sera que bonheur et Nirvana.  Ok, j’essaie.

Kawak Ijen : du soufre et tu aimes

8 heures de car plus tard, un coccyx en bouillie et une bus-party improvisée au moment de la rupture du jeûn (car oui, c’était le Ramadan), je suis au pied du Kawah Ijen. Ça devient une habitude, mais à 3h du matin, emmitouflée dans une parka de location, je me fais déposer par un 4×4 au début du sentier qui mène vers le sommet.

Je fais le chemin avec Moktar, un des mineurs qui extraient, dans des conditions effarantes, le soufre du volcan. Fièrement, il m’explique qu’il redescend ce sentier plusieurs fois par jour, avec des paniers de 80 kg du minerai jaune sur le dos (poids confirmé, j’ai assisté à la pesée)…

Les mineurs travaillent dans des conditions dantesques

Les mineurs travaillent dans des conditions dantesques      © Marion Turminel

Bon, là, instant d’humilité… Moktar a, comme ses compagnons, à peine 40 ans d’espérance de vie, et il monte la (très forte) pente avec le sourire en me parlant de son gosse de 4 ans. Donc je serre les dents et je régule au maximum ma respiration pour ne pas lui montrer que la petite parisienne chochotte est sur le point de cracher ses poumons.

Arrivés au sommet, c’est une énorme claque. Ça fume, l’odeur est suffocante, le vent pique les yeux. Et au fond du cratère, il y a un lac turquoise. Mais pas un turquoise ambiance « plage de rêve », qui donne envie de batifoler en bikini. Un turquoise fascinant et effrayant. Une couleur tellement d’enfer, qu’il n’y a pas besoin qu’on me dise que c’est de l’acide sulfurique pour savoir intuitivement que ça doit piquer graaaave de plonger dedans.

Je longe la crête jusqu’à un piton rocheux plus haut que tous les autres pitons rocheux. Et là, à plat-ventre au-dessus du cratère, je passe une heure à élargir ma connaissance de la gamme chromatique en contemplant le bleu, le vert, le bleu-vert, le jaune-vert, le vert-bleu, les lignes de soufre jaune qui coupent la surface de l’eau bleue. Et les nuages qui se reflètent dans tout ça.

La crète du volcan Kawak Ijen

La crète du volcan Kawak Ijen      © Marion Turminel

Et là, j’ai juste envie de me réincarner en Haroun Tazieff. Ou alors en nuage.

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