Pixel Facebook

Le meilleur de nos guides
Les conseils des blogueurs voyage
Votre itinéraire et votre voyage sur mesure

Nos destinations > Pays/régions > Aux portes du Sahara, les villages du Tafilalt
Aux portes du Sahara, les villages du Tafilalt

Aux portes du Sahara, les villages du Tafilalt

Mis à jour le 20 juin 2019 | , ,
Publié le 7 mars 2011

Par Pierre, rédacteur pour le Guide Evasion, spécialiste du Maroc

Zacharia, un petit bonhomme de dix ans aux yeux pétillants de malice, m’a pris sous sa protection, dès la placette qui marque l’entrée du ksar de Tinrheras. C’est là que, sous l’autorité du minaret de la mosquée, les vieux du village prennent le soleil, emmitouflés dans leur manteau de laine : il fait encore frisquet au début du mois de février.

La palmeraie de Tafilat : les jardins du paradis

Tinrheras est l’un des ksour, ces villages fortifiés qui jalonnent la palmeraie du Tafilalt, irriguée par les eaux du Ziz, aux confins sud-est du Maroc, non loin de la frontière algérienne. Sous les bouquets de palmiers dattiers, s’aligne un quadrillage de parcelles soigneusement délimitées par de petites levées de terre contre lesquelles courent les rigoles d’irrigation. Un système millénaire, élaboré sans doute depuis l’arrivée des Arabes au VIIIe siècle, et qui permet à chaque agriculteur de dériver l’eau précieuse depuis le canal principal, selon un calendrier déterminé. L’assurance d’éviter les querelles de voisinage. C’est aussi que ces fraîcheurs ombragées sont un avant-goût d’un paradis tel qu’on l’imagine dans la civilisation arabo-musulmane : un jardin luxuriant clos de murs et parcouru de frais ruisselets. Malheureusement, on ne peut dormir sur place. Alors on pousse jusqu’à Erfoud, à la Kasbah Tizimi, par exemple, un splendide hôtel où la piscine voisine avec une décoration traditionnelle…

Le ksar de Tinrheras : de l’ombre à la lumière

Pour se lancer à l’assaut du ksar de Tinrheras, le seul village des environs juché sur une éminence, un guide n’était pas superflu : c’est un labyrinthe de ruelles couvertes, plongées dans la pénombre que ponctuent les taches lumineuses que diffusent de rares puits de jour. De part et d’autre du passage, de lourdes portes de bois dissimulent l’intimité des maisons, organisées comme il se doit autour d’une cour centrale ; lorsqu’elles sont entrouvertes et qu’on y glisse un regard curieux, on découvre le domaine des femmes, occupées aux tâches ménagères quotidiennes. Laissant d’autres ruelles mystérieuses et quelques coudes plus loin, nous débouchons, mon guide d’un jour et moi, au sommet de la colline, baignée de la lumière transparente et unique des hivers marocains. La palmeraie vue d’en haut, comme une mer ondoyante et verte. On découvre de là la vingtaine de ksour du Tafilalt, taches de murs ocres qui s’interpellent de loin en loin.

Le mausolée de Moulay Ali Chérif

On y devine aussi la silhouette du mausolée de Moulay Ali Chérif, mort en 1659, le père du fondateur de la dynastie alaouite qui règne toujours sur le Maroc. L’édifice d’aujourd’hui, stucs colorés, portes en bois ouvragé, crépitement des zelliges, doit tout aux plus habiles artisans marocains d’aujourd’hui. Dévasté par une crue du ziz, le mausolée a été entièrement reconstruit en 1965. Si seuls les musulmans peuvent pénétrer à l’intérieur de la mosquée, où de pieux fidèles sont toujours en prière, les visiteurs étrangers peuvent accéder au sublime jardin planté d’orangers.

Sijilmassa : la cité légendaire

A la lisière Nord de la palmeraie, quelques pans de murs de terre écroulés signalent encore une des plus anciennes cités du Maroc, Sijilmassa, fondée semble-t- il au VIIIe siècle. Une cité quasi légendaire qui selon les traditions rapportées de génération en génération, ne compta à son apogée pas moins de 100 000 habitants et où des centaines de caravansérails abritaient or, ivoire, épices, plumes d’autruche, esclaves aussi, autant de précieuses marchandises venues du cœur de l’Afrique. Sijilmassa se trouvait au débouché des pistes caravanières venues de la non moins mythique Tombouctou.

Le ksar d’Oulad Abdelhalim : le château et l’officier

Le ksar d’Oulad Abdelhalim est une autre visite immanquable de la palmeraie du Tafilalt. Tutoyant un double mètre assez rare au Maroc, Ali, le maître des lieux, silhouette altière et moustache britannique, assure la présentation des lieux. Le pantalon rentré dans les chaussettes, comme un treillis dans des rangers, signale l’ancien officier qui expose ses états de service et ses photos dans le grand salon de sa demeure : un palais monumental du XIXe siècle construit pour un membre de la famille royale. Pour accéder aux appartements, il faut franchir trois portes monumentales dont les lourds vantaux de bois sont surmontés de niches ornées dans le plus beau style arabe. Passées plusieurs cours écroulées dont des restes de stuc et de décoration peinte signalent l’ancienne splendeur, on débouche enfin dans l’intimité de la demeure : autour de la cour plantée de mimosas, une merveille pour les yeux et l’odorat en cette fin d’hiver, ouvrent de profonds salons, murs ornés de zelliges et plafonds de bois peints.

Monté seul avec mon guide au sommet de Tinrheras, c’est au milieu de la foule rigolarde des gamins du village que j’entreprends la descente vers l’entrée du village. Bien sûr, quelques-uns se risqueront à demander, un dirham, un stylo, un bonbon….Un sourire, une poignée de mains à chacun après lui avoir demandé son nom, fera autant d’heureux, bien plus qu’une petite obole laissée négligemment. Le tourisme durable, c’est aussi ça.

Et pour vous ? Quelle est la balade idéale ? Faites-nous part de vos coups de cœur au Maroc.

Photo en une : Oasis de Tafilalt, Maroc ©Elzbieta Sekowska/Shutterstock
Vos commentaires

Nous nous rendons régulièrement au Maroc.Nous ne manquons jamais l’occasion de nous rendre dans une auberge proche de Merzouga plus précisément dans les dune de l’Erg Chebbi. Adresse Auberge l’Etoile des Dunes, Chez IDIR au nord-Ouest des dunes (coordonnées Google Earth : 31″12’51.65″N-4″01’12.82″O .
Ici pas de piscine, pas de 4X4 seulement des dromadaires pour apprécier le silence du désert

Laissez un commentaire
Vos commentaires

Nous nous rendons régulièrement au Maroc.Nous ne manquons jamais l’occasion de nous rendre dans une auberge proche de Merzouga plus précisément dans les dune de l’Erg Chebbi. Adresse Auberge l’Etoile des Dunes, Chez IDIR au nord-Ouest des dunes (coordonnées Google Earth : 31″12’51.65″N-4″01’12.82″O .
Ici pas de piscine, pas de 4X4 seulement des dromadaires pour apprécier le silence du désert

Laissez un commentaire