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Paimpol, face à la mer

Paimpol, face à la mer

Mis à jour le 26 novembre 2018 | ,
Publié le 15 août 2011

Par Pierre, auteur

« Ils étaient cinq, aux carrures terribles, accoudés à boire… ». Les premiers mots du roman de Pierre Loti me reviennent en mémoire. « Ils étaient des Islandais, une race vaillante de marins, qui est répandue surtout au pays de Paimpol et de Tréguier ». Paimpol justement j’y suis, face à la baie, où filent les Optimist des écoles de voile.

Face au large à la Croix des Veuves

Au pied de la Croix des veuves, les femmes de marins guettaient les voiles des goélettes qui ramenaient leurs maris après six mois de campagnes périlleuses au large de l’Islande .Certains ne revenaient pas : souvenir de la Veuve de l’île de Sein, le déchirant tableau d’Emile Renouff découvert l’an dernier au musée de Quimper. La Croix est une étape du circuit des Islandais, un itinéraire balisé à travers le territoire de la commune de Ploubazlanec. Pas besoin d’être grand marcheur pour en parcourir les six kilomètres.

Le Circuit des Islandais

Première étape, le musée « Mémoires d’Islande » : une collection réunie par une poignée de bénévoles passionnés.. Souvenirs des campagnes morutières dont la dernière s’élança en 1935. Dans le cimetière du village, un alignement de plaques rappelle les noms des quelque 2000 marins et 120 bateaux disparus en mer. Voilà ensuite la chapelle de Perros Hamon qui conserve les ex voto laissés par les marins réchappés du naufrage. Avant d’atteindre la croix des Veuves, le sentier passe par la pointe de Pors Even, où veille Notre Dame des Marins dans sa petite chapelle de la Sainte-Trinité.

La Vapeur du Trieux

11h10, gare de Paimpol. Un joli édifice aux allures de maisons de maître daté de 1894. Antiques aussi les voitures ouvertes où je viens de prendre place entre deux familles hollandaises. Et classée monument historique la vénérable locomotive – la 141 TD 740 précise le dépliant – en tête du convoi. C’est la vapeur du Trieux qui chaque été conduit ses voyageurs entre le port des Islandais et Pontrieux. Un peu kitsch tout ça, avec son guide et ses animateurs en costume ? Peut être, mais c’est la seule façon, avec le bateau, de découvrir les rives sauvages du Trieux que ne borde aucune route. Ultime coup de sifflet : départ d’un parcours de 35 mn.

Le sillon de Talbert, une flèche sur la Manche

Un coup d’oeil aux horaires des marées pour s’assurer que la mer est haute et direction le sillon de Talbert. Un cordon de galets long de 3 km et large de quelques mètres seulement par endroits, tout juste de quoi de se faufiler au milieu de l’eau. Une curiosité unique assure-t-on du côté de la Maison du Littoral où l’on ajoute qu’en deux siècles, le sillon a perdu la moitié de sa longueur. La légende dit que sa création viendrait de la fée Mélusine qui, isolée sur son île, construisit une chaussée de galets pour rejoindre le beau roi Arthur. Emotion garantie à marée haute avec la sensation de marcher sur l’eau . Et à marée basse, l’ assurance d’une pêche à pied miraculeuse (www.presquile-de-lezardrieux.com).

La Danse macabre de Kermaria

« Tout ça, je ne l’ai pas lu dans les livres. Je l’ai appris par les anciens ». Depuis des lustres, Marie-Jo est la gardienne des lieux. Jurant à chaque automne que , promis juré, cette année était la dernière de son bénévolat, et revenant chaque printemps pour accueillir les visiteurs. Kermaria possède avec Kernascléden, une des deux Danses macabres bretonnes. Un étourdissant cortège où rois et reines, manants et musiciens sont entraînés vers la mort par une escouade de squelettes. Une série d’inscriptions en ancien français, illisible sauf pour Marie-Jo, accompagne la scène : « Danse macabre elle s’appelle, l’homme et la femme elle interpelle, petit ni grand n’est épargné ».

Camlez, le couvent alternatif

Casquette gavroche vissée sur la tête, Loïc est à la manœuvre : dégustation d’huîtres et muscadet de derrière les fagots sur les petites tables en fer qui servent de terrasse à sa boutique. Avec Rémi le boulanger, Laurence et Philippe qui tiennent charcuterie à l’enseigne « En rillettes »,l’épicier bio et le patron du bar, voilà une communauté de commerçants et artisans militants du commerce équitable établis à Camlez, dans les bâtiments d’un ancien couvent. Comme tous les jeudis en été, au milieu du jardin, un porc fermier rôtit à la broche arrosé consciencieusement de cidre. On passe à table à 19h30.

Retour à Paimpol. La Bretagne, c’est aussi le soir qu’elle se vit. Prenez l’étroite rue des Islandais : parmi les restaurants et cafés qui assurent l’ambiance, le Pub est un incontournable. A l’heure où les mouettes s’endorment, un orchestre irlandais vient y faire chalouper les bières.

Bretagne Nord. Paimpol, sorties en mer ©iStock

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Vous aimez la Bretagne ? Lisez notre article sur les coquilles Saint-Jacques, sur la voile et sur St-Malo.

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