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J’ai visité l’expo My Joburg à la maison rouge

J’ai visité l’expo My Joburg à la maison rouge

Mis à jour le 9 janvier 2020 |
Publié le 19 août 2013

Par Laure, éditrice au Guide Évasion

 

Par un bel après-midi d’été, j’ai visité l’exposition My Joburg de la maison rouge, à Paris, lieu incontournable pour qui aime l’art et la création contemporaine. Comme toujours, j’y ai fait d’étonnantes découvertes.

L’expo My Joburg, kesako ?

Jusqu’au 22 septembre 2013,  My Joburg, La scène artistique de Johannesburg vous invite à découvrir les artistes de cette vibrante métropole . A la périphérie des grandes scènes artistiques contemporaines, la capitale de l’Afrique du Sud ne manque pourtant pas de créateurs talentueux. Les deux commissaires de l’exposition, Antoine de Galbert et Paula Aisemberg, ont sélectionné des œuvres très diverses qui nous plongent dans l’atmosphère si particulière de la ville. Aux côtés d’artistes mondialement connus comme William Kentridge, Jane Alexander ou Kendell Geers, on découvre les installations, les peintures, vidéos et photographies d’hommes et de femmes moins célèbres sous nos latitudes. Au total, une cinquantaine d’artistes sont exposés.

Joburg ou Jozi est le surnom que les habitants ont donné à leur ville. Avec ses 6 millions de personnes, Johannesburg est la capitale économique du pays. Cette ville contrastée et en pleine mutations apparaît, au fil de l’exposition, comme un lieu aussi fascinant que repoussant. Riche de mille attraits, Johannesburg ne parvient pas à venir à bout de la misère et des inégalités qui divisent sa population.

Vue de l'exposition. © Laure Didry

Vue de l’exposition
     ©  Laure Didry

My Joburg, côté photographie

On entre dans l’exposition avec le projet de Mikhael Subotzky et Patrick Waterhouse. Les deux artistes ont photographié sous toutes les coutures l’immeuble Ponte City (54 étages), rénové en 2008 pour accueillir la classe moyenne noire. Du début des travaux jusqu’à l’installation des nouveaux locataires, on découvre le visage de la ville à travers le prisme d’intérieurs ordinaires. Tout aussi fasciné par les multiples identités de Johannesburg, Jo Ractliffe se propose d’appréhender la ville en mouvement. Le résultat ? De surprenants panoramiques présentent différents lieux comme s’ils n’étaient qu’une seule et même entité. Dans un style plus léger, Tracey Rose, une artiste féministe, se met en scène devant son appareil. Elle endosse tour à tour les costumes de la bigotte, de la putain  ou de Marie-Antoinette, interrogeant ainsi les différents archétypes raciaux et sexuels. La photographe Jodi Bieber s’est, quant à elle, confronter à Soweto, l’un des plus célèbres township de la ville. Loin des clichés misérabilistes, elle donne à voir un quartier très vivant, qui fait la fierté de ses résidents.

L'immeuble Ponte City, immortalisé par M. Subotzky et P. Waterhouse © Laure Didry

L’immeuble Ponte City, immortalisé par M. Subotzky et P. Waterhouse (détail)
     ©  Laure Didry

My Joburg, côté vidéo

Les très belles installations vidéo présentées dans cette exposition m’ont davantage interpellé que les photographies et installations. Les artistes y développent un univers intriguant, percutant et très personnel qui ne laisse pas indifférent. Parmi mes préférées, citons le film de William Kentridge, Other Faces. Pour ce film basé sur le principe du « stop motion », l’artiste s’est servi de ses dessins et de ses photos de la ville. Joburg y est plus qu’un décor, c’est le sujet du film. Entre souvenirs personnels et histoire collective, elle se dessine toutes en nuances, entre moments de poésie et explosion de violence xénophobe. La vidéo Iyeza de Kudzanai Chiurai mérite qu’on s’y attarde. Au bout de quelques secondes, on comprend que l’image qui semble fixe est en réalité en mouvement. Jouant sur les codes de la grande peinture classique — on se croirait face à une Cène version hip hop —, l’artiste fait vivre dans son « tableau » différents groupes qui symbolisent l’Afrique du Sud actuelle. Un pays où passé et présent coexistent sans toujours faire bon ménage.

La mythologie très personnelle de Wa Lehulere (œuvre à la craie), détail © Laure Didry

La mythologie très personnelle de Wa Lehulere. Œuvre à la craie (détail)
     ©  Laure Didry

My Joburg, œuvres et installations

Que d’installations dans cette exposition ! On y voit de tout, de la pièce la plus minimaliste (on rend alors grâce à la petite brochure distribuée à l’entrée de nous fournir la clé de l’œuvre) à la plus extravagante, que ce soit par la taille, le choix des matériaux ou la débauche de couleurs. Mentionnons par exemple la très frappante création de Jane Alexander, Security, qui occupe à elle seule une grande salle. Une étrange créature, mi-homme mi-oiseau, nous contemple derrière son impressionnante cage barbelée. Pourquoi l’a-t-on enfermée ? Est-elle dangereuse ? Est-on dans un zoo ? Une prison ? Un camp de concentration ? Dans cette ville obsédée par la sécurité, où les riches se barricadent dans leur résidence surveillée — à tort ou à raison —, l’œuvre interroge les raisons de cet enfermement. Dans une salle du sous-sol exclusivement consacrée à des artistes femme, on découvre Sophie, la servante  vêtue de bleu de Mary Sibande. A travers cette sculpture, la créatrice a voulu rendre hommage à ses ancêtres, toutes domestiques. Mary Sibande est la première femme de sa famille à avoir pu poursuivre ses études et s’accomplir dans la voie de son choix.

A gauche, les photographies de Jodi Bieber contemple Sophie, la servante noire de Mary Sibande © Laure Didry

A gauche, les photographies de Jodi Bieber contemplent Sophie, la servante noire de Mary Sibande      ©  Laure Didry

Bilan de la visite

Une exposition très instructive, variée, où l’on découvre des créations étonnantes. Les amateurs d’art  apprécieront de sortir des sentiers battus, voire de découvrir des œuvres polémiques, très loin de la conceptualisation abstraite et parfois un peu creuse de certains artistes contemporains. Que ceux qui n’apprécient que modérément les créations du XXIe siècle ne rayent pas non plus l’expo de leur liste ! C’est une excellente façon d’appréhender la réalité multi-facettes de la ville de Johannesburg.

A l’issue de votre visite, ne manquez pas de faire une petite pause chez Rose Bakery, dont les cakes so british sont réputés dans tout Paris. Les amateurs de vintage iront quant à eux se faire tirer le portrait dans l’antique cabine photo juste à l’entrée.

Info pratique La maison rouge, 10 boulevard de la Bastille, 75012 Paris. Tel. 01 40 01 08 81.Ouvert du mercredi au dimanche de 11h à 19h, nocturne le jeudi jusqu’à 21 h.
Billet plein tarif : 8 €

Vos commentaires

Comme toi j’ai aimé la diversité des oeuvres, toutes ces facettes de la ville qui se dessinait sous mes yeux, à mesure que je progressais dans la visite, découvrant chacun des artistes. Une très belle exposition

Comme toi j’ai aimé la diversité des oeuvres, toutes ces facettes de la ville qui se dessinait sous mes yeux, à mesure que je progressais dans la visite, découvrant chacun des artistes. Une très belle exposition
http://carnet-aux-petites-choses.fr/my-joburg-a-la-maison-rouge-paris-12/

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Comme toi j’ai aimé la diversité des oeuvres, toutes ces facettes de la ville qui se dessinait sous mes yeux, à mesure que je progressais dans la visite, découvrant chacun des artistes. Une très belle exposition
http://carnet-aux-petites-choses.fr/my-joburg-a-la-maison-rouge-paris-12/

Comme toi j’ai aimé la diversité des oeuvres, toutes ces facettes de la ville qui se dessinait sous mes yeux, à mesure que je progressais dans la visite, découvrant chacun des artistes. Une très belle exposition

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