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Tokyo : mon coup de cœur pour Shibuya

Tokyo : mon coup de cœur pour Shibuya

Mis à jour le 30 novembre 2018 |
Publié le 18 novembre 2013

Par Jean, éditeur du Guide Évasion

Emblématique. S’il y a bien un lieu de Tokyo que tout le monde a déjà vu en photo, dans un film ou un reportage c’est bien Shibuya. À l’ombre de gigantesques tours qui scintillent et projettent lumières, films et sons désordonnés, son quintuple passage piéton est le plus vaste et le plus fréquenté du monde. Du matin au soir il est traversé par des millions de tokyoïtes de toutes provenances : jeunes venus faire du shopping, fashionistas à la recherche de la dernière tenue tendance, salarymen qui courent après leur train de banlieue ou vers une taverne pour oublier leur dure journée, touristes hébétés victimes du syndrome lost in translation. Lors de mon séjour à Tokyo j’ai passé une journée entière dans ce quartier fascinant. Je vous raconte.

Tokyo la géante ?

Quand j’ai débarqué à Shibuya pour la première fois j’ai vite compris comment Tokyo pouvait être la plus grande ville du monde. Buildings qui tutoient le ciel, foule compacte, gare tentaculaire, écrans géants, néons démesurés. La première impression que j’ai ressentie c’est un grand vertige. Et pourtant après quelques pas dans cet univers détonnant, je me suis rendu compte que les gens s’évitaient soigneusement, sans se foncer dedans, que les voitures étaient bizarrement peu présentes et silencieuses (hybrides oblige) et que passé le grand carrefour on pouvait trouver des venelles tranquilles où rien n’a changé depuis 50 ans. C’est ça le paradoxe de Tokyo : vous vous attendez à du gigantisme (qui existe) et vous tombez sur une vie de quartier dans laquelle on se déplace à vélo et où on discute sur les pas de porte.

shibuya

De jour comme de nuit Shibuya est un spectacle fascinant      © Jean Tiffon

Tokyo la fashion

Shibuya se pose comme l’un des centres tokyoïtes de la mode, en concurrence avec le quartier chic de Ginza. Ses grands magasins – comme le Shibuya 109, un gigantesque complexe qui propose les dernières tenues allant du classique au déjanté – créent la tendance. Un peu plus au nord, à Harajuku, les malls XXL voisinent avec des boutiques urbaines destinées aux ados. J’ai adoré le grand magasin Laforet : un nombre de corners hallucinant avec des griffes inconnues en Europe, des styles vraiment incroyables et une ambiance surréaliste (et bruyante !). C’est dans ce quartier d’Harajuku, à l’entrée du parc Yoyogi, que se donnent rendez-vous, tous les week-ends, les fans de cosplay en tenues. Les photographes se régalent. Plus à l’est sur Omotesando, c’est la mode des grandes maisons qui prend le pouvoir. Ralph Lauren possède ici une véritable ambassade pendant que les grandes marques de luxe françaises ont chacune leur boutique étendard. Mais dès que l’on tourne dans les ruelles, la vie de quartier reprend ses droits.

Tokyo la gourmande

Saviez-vous que Tokyo compte 160 000 restaurants, soit 3 à 4 fois plus que Paris qui se prétend capitale culinaire du monde ? Et que Tokyo possède plus de restaurants étoilés que la capitale française ? Pour le commun des voyageurs comme moi, il en résulte un choix extraordinaire d’établissements de styles différents, servant chacun une sorte de plat ou de cuisine. Pour commencer cette découverte un tour au Tokyu foodshow s’impose. Dans les sous-sols de la gare de Shibuya, ce foodhall qui appartient au grand magasin Tokyu est un temple de la gastronomie. Il ferait passer nos grands magasins pour des épiceries de quartier ! On y trouve toutes les spécialités japonaises présentées de manière extrêmement théâtrale : pyramides de sushis, amoncellement de brochettes, brioches vapeur, poissons plus que frais, tempuras en cascade mais aussi du bon pain français (Dominique Saibron) ou des pizzas fondantes. Un rêve.

Foodshow tokyu

La farandole de sushis au Tokyu foodshow      © Jean Tiffon

Pour le reste le quartier regorge d’adresses. Difficile de faire une sélection mais pour ma part j’ai eu un coup de cœur pour les gargotes, izakayas, grills et comptoirs du quartier Dogenzaka, à 10 minutes à l’ouest de Shibuya. On y trouve toutes sortes de spécialités dans des établissements authentiques et savoureux : ici des sashimi et des poissons grillés, là des yakitoris (brochettes) ; ici de grands plats de currys ou là des ramens fumants (soupes). Seul bémol : la plupart des serveurs ne parlent pas anglais, il faudra se débrouiller !

Dogenzaka

Un izakaya de Dogenzaka      © Jean Tiffon

Tokyo Love

Dans les ruelles de Shibuya, derrière les grandes façades éclairées, se cachent un nombre important de love hôtels. De quoi s’agit-il ? D’hôtels aux façades kitsh (temple égyptien, néons rosoyants, statues de Vénus et Apollon…) destinés à accueillir les ébats de couples, légitimes ou pas. La Bohême, l’Amour, le Chemin des rêves : leurs noms sont évocateurs et volontiers écrits en français, symbole d’érotisme. On peut les louer à l’heure (le plus fréquent) ou à la nuit, pour les plus endurants. Les chambres sont décorées comme des bonbonnières ou des clubs libertins et proposent parfois quelques options extravagantes. Les appartements étant de taille minuscule à Tokyo, on comprend aisément pourquoi ces hôtels existent : la plupart des japonais répugnent à inviter leurs conquêtes chez eux, vivant parfois chez leurs parents ou trouvant que leur intérieur n’est pas digne de fierté.

Drunk Tokyo

Vers 21h, dans les ruelles de Shibuya, je remarque deux salarymen totalement ivres. Ils ne marchent plus, ils roulent littéralement ! Ils arrêtent un taxi dont le chauffeur sort de sa voiture, vêtu de gants de soie blancs. Il prend le temps de les aider à monter, les laisser sur le carreau ne semblant pas lui traverser l’esprit. Il a l’habitude de ramasser des clients dans ce genre d’état. Aussi surprenant que cela puisse paraître l’ivresse d’hommes bien sur eux est assez commune ici. On sort souvent entre collègues pour se détendre après le travail, conclure un contrat ou fêter une promotion. Et la mesure est rarement le maître mot.

Yamazaki

Le Yamazaki est produit au Japon. À boire avec modération.      © Jean Tiffon

Il faut dire que dans le quartier de Shibuya de nombreux bars animent les soirées : salons chics avec vue (comme le bar de la Cerulean Tower, qui culmine au 53e étage), izakayas traditionnelles servant bières, saké et petits plats à grignoter, bars à whiskies japonais ou à cocktails (les plus populaires mélangent whisky et eau gazeuse), tavernes où on peut avaler une soupe et boire à volonté, pubs à l’occidentale ou bars à vins, et bien sûr les inévitables karaokés, qu’on pratique en petits groupes. Pour les plus fatigués ou ceux ayant raté leur train, des capsule hôtels serviront de refuge pour la nuit. C’est peut-être l’option qu’auraient dû retenir mes deux salarymen.

Photo de une : Jean Tiffon
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