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Le Québec aux couleurs d’Halloween

Le Québec aux couleurs d’Halloween

Mis à jour le 30 novembre 2018 |
Publié le 31 octobre 2013

Par Laurent Gontier, auteur du Guide Évasion Québec

La découverte des Cantons de l’Est sur une carte avait suffi à me faire rêver longtemps. Il y avait des bois profonds, des collines et des lacs. Mais aussi ces noms, Sherbrooke, Magog, Massawippi, qui ne sonnaient ni vraiment québécois et pas américain non plus. Peut-être amérindien. Et l’on sait ce que les intonations autochtones drainent avec elles de mystère par ici. La Nouvelle Angleterre de Stephen King et de Lovecraft est juste de l’autre côté de la frontière. En cette période d’Halloween, y-a-t-il meilleur endroit où aller ?

Mystic, un hameau à une heure de Montréal

À une heure de Montréal, voici le hameau isolé de Mystic. Ce nom sur un panneau m’avait incité au détour. Il distille à lui seul une inquiétante étrangeté à l’heure du crépuscule naissant. De la route, je devine des lumières et les silhouettes sombres d’habitations dissimulées derrière les feuillages rougeoyants de l’automne. Je gare ma voiture devant une grande maison dont la façade lambrissée verte et rouge se confond avec les arbres alentour. L’Œuf est un magasin général à l’ancienne, qui sert dans une grande salle une cuisine célèbre jusque dans la capitale. À l’étage, quelques chambres où aucune télé ne vient troubler l’harmonie rustique du bois et des étoffes choisies avec soin. C’est ici que je m’installe pour la nuit. Après une agréable discussion avec mes hôtes, je m’endors comme chez des amis. Mystic a peut-être ses mystères, mais cette nuit, aucun ne vient troubler mon sommeil.

Le magasin général de Mystic.

Le magasin général de Mystic.
     ©  Laurent Gontier

Piquant plein sud au petit matin, je traverse sous un ciel chargé des paysages où les arbres solitaires voisinent avec des champs de maïs délaissés. On croirait traverser les décors ciselés par Tim Burton pour Sleepy Hollow.

Les champs de maïs au départ de Mystic.

Les champs de maïs au départ de Mystic.
     ©  Laurent Gontier

Frelighsburg, en terre loyaliste

À 4 km de la frontière du Vermont, les maisons de bois blanc de Frelighsburg se blottissent dans un vallon couleurs rouge et feu. Dans ce no man’s land plus tout à fait au Québec et pas encore aux USA, le temps semble s’être figé le jour où sont venus se réfugier les loyalistes fuyant la révolution américaine. On sent encore leur présence aux porches des maisons anciennes de style anglo-saxon, dans les chemins qui descendent des collines. Sur les enseignes, l’anglais domine. Jusque sur le fronton de l’école, dont les enfants ont transformé le parterre en cimetière grand guignol où la tombe en carton de Marilyn côtoie celle d’Elvis.

Le « cimetière » de l’école de Frelighsburg.

Le « cimetière » de l’école de Frelighsburg.
     ©  Laurent Gontier

Ce petit parfum de Nouvelle Angleterre embaume tout le sud des Cantons. Sous un chaud soleil, cette fois, j’y plonge à nouveau plus loin, à l’est, à North Hatley, délicieux bourg de maisons blanches cossues. Lové dans un paysage de collines où les couleurs de l’automne n’ont pas encore tout à fait chassé le vert d’un été finissant, il se mire dans les eaux limpides du lac Massawippi. On resterait bien là, dans un rocking-chair, sous la galerie d’une maison de bois, à regarder le lac jusqu’à la fin des temps.

Lac Massawippi, North Hatley.

Lac Massawippi, North Hatley.
     ©  Laurent Gontier

L’inévitable monstre du lac

Au sud du Mont Orford célèbre pour ses centres de remise en forme et ses pistes de ski, les lacs sont légion et s’étirent jusqu’à travers la frontière. Sur la carte, ils forment d’étroites  tâches bleues allongées. Au bord de l’un d’eux, j’ai longtemps guetté le Memphré, serpent géant aperçu, dit-on, en 1816, émergeant de la surface des eaux sombres. En vain. Peut-être a-t-il fui l’arrivée en 1912 des moines de Saint-Benoît-du-Lac qui veillent depuis lors sur la région du haut de leur abbaye aux airs de château médiéval. En cherchant bien, je retrouve la trace du monstre au bord du lac, dans la ville de Magog, sur l’enseigne de la micro-brasserie qui porte son nom. On y sert de délicieux burgers de canard du lac Brome tout proche et une bière onctueuse brassée sur place. La créature s’est rangée. Et comme les mystères des Cantons, elle se livre volontiers à qui prend le temps de l’apprivoiser.

La rivière Magog.

La rivière Magog.
     ©  Laurent Gontier

Image à la une : © Laurent Gontier
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